"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
Après plusieurs semaines de gestion de la crise financière internationale et de sauvetage des banques, les français ont attendu de savoir ce que Nicolas Sarkozy va faire pour les entreprises et leurs salariés. L’attente a été forte, mais s’est révélée décevante. La vérité, c’est qu’il serait hasardeux et inutilement méchant que le discours de Sarkozy entretienne de faux espoirs. Le ralentissement pointe déjà son bout de nez, ce sera vraisemblablement une récession. Nul ne peut prédire combien de temps elle va durer et à quel degré ses effets vont se faire sentir. L’Etat aurait été à la hauteur s’il avait été capable de prendre des mesures sérieuses permettant au moins de contenir ou d’atténuer le choc.
En dévoilant hier son plan de « mobilisation pour l'emploi », troisième temps de sa réponse à la crise, Nicolas Sarkozy a misé sur un mélange de traitement social renforcé du chômage, d'accélération des réformes et de déréglementation du droit du travail. Il promet 100.000 nouveaux emplois aidés et l'extension du contrat de transition professionnelle. Il veut autoriser le travail le dimanche et assouplir l'utilisation de CDD.
L’urgence sociale ne mérite pas ça !!! Surtout quand de nombreuses sources non encore officielles (I-télé et le canard enchaîné) indiquent déjà que le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1 a enregistré en septembre une légère hausse de 8.000 demandeurs d'emploi par rapport à août.
Le pragmatisme vanté par Nicolas Sarkozy aurait eu un écho crédible s’il avait donné un sens juste au keynésianisme qu’il « pique » en ce moment de crise aux socialistes. L’intervention de l’Etat ne doit pas se résumer à des mesures fourre-tout en complet décalage avec l’urgence que requiert la situation.
Malgré les crises budgétaire et économique, un petit plan de relance aurait été recevable s’il s’appuyait sur de vrais leviers comme le SMIC, les allocations familiales, les impôts…
A côté de la création de nouveaux contrats aidés (une reprise des idées Jospin après qu’elle ait été critiquée par le même Sarkozy ! Quel reniement !), l’Etat devrait chercher à encourager le pouvoir d’achat de ceux qui malgré un travail, ont toujours du mal à joindre les deux bouts. Un coup de pouce palpable au SMIC et aux revenus intermédiaires aurait été le bienvenu. Une augmentation des allocations logement et familiales aurait été un choix décisif.
Que vaut aujourd’hui le mécanisme de détaxation des heures supplémentaires en cette période de crise ? Ça n’a pas de sens. Non seulement, c’est moins de salariés embauchés, c’est moins de rentrées d’argent pour l’Etat et les organismes sociaux. En ce moment, de crise budgétaire, l’incohérence de la mesure se présente avec acuité.
L’idée des socialistes de modulation de l'impôt sur les sociétés pour favoriser l'investissement productif est plus que d’actualité.
Notre système est basé sur la consommation des ménages. Désargentés, paniqués par les perspectives d’avenir assez sombres, ceux-ci ne pourront alimenter le système. Et ce n’est pas la baisse probable du taux (possible passage de 4% à 3 % en Février) du livret A qui va les dissuader d’épargner.
Il y en a qui croyait à tort que la priorité de Sarkozy, c’étaient les français et surtout ceux qui galèrent. Que nenni.
L’inflation va certainement reculer. La bonne nouvelle est que le prix du pétrole baisse, il est passé de près de 150 dollars le baril avant l’été à moins de 70 dollars hier. N’est-ce pas un signe pour encourager la consommation ?