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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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LES FONDS SOUVERAINS: NOUVEAUX "BRAS ARMES" DU CAPITALISME?


En prélude à tout développement sur notre article proprement dit, il semble opportun qu’on s’interroge sur certains éléments ayant jalonné l’actualité ces derniers jours.

  1. N’est-ce  pas pathétique cette maladresse monarchique ayant provoqué un psychodrame et un imbroglio à Neuilly-sur-Seine ?
  2. Est-ce étonnant que le Président de la République dévisse dans les sondages surtout quand on sait qu’il a failli à sa promesse d’augmenter le pouvoir d’achat des français ?
  3. N’est-ce pas psychologiquement lourd de faire supporter la mémoire de la Shoah à un élève de CM2 ? Et que dire des autres mémoires (guerre d’Algérie, la traite des Noirs, le massacre des Tsiganes…) ?
  4. N’est-ce pas un peu bizarre que la cote du 1er Ministre augmente non en raison de ses véritables prouesses, mais plutôt du fait du vide de l’action présidentielle ?
  5. Doit-on blâmer la France pour avoir, au Tchad, soutenu un régime illégitime, attaqué par une rébellion elle-même illégitime ?
  6. N’est-ce pas grotesque la dépense « gabegique » de 138000 euros faite par Christian Estrosi, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, pour son « escapade-signature » à Washington aux Etats-Unis ?
  7.  n’est-ce pas inquiétant que notre balance commerciale soit aussi gravement déficitaire alors que celle de l’Allemagne affiche toujours un excellent résultat ? Idem pour le déficit budgétaire ?
  8. N’est-ce pas préoccupant que notre taux de croissance soit seulement de 1,9% ?
  9. Sur les 12 milliards d’euros de bénéfice réalisés par TOTAL, combien seraient redistribués aux salariés, sachant que 5 milliards iraient à coup sûr dans la poche des actionnaires ? Idem pour Arcelor-Mittal qui malheureusement menace l’emploi à Gandrange ?
  10. Si en 8 mois d’exercice, Sarkozy a déjà réussi à annoncer la création de sept nouvelles taxes, quel en serait le nombre au bout de cinq ans ?
  11. Et si on baptisait le plan « espoir banlieue » plan « illusion banlieue » ?
  12. Enfin, la Société générale, grâce au « génie » boursier de son trader Jérôme Kerviel, a perdu, subprimes compris, 7 milliards d’euros. Doit-elle avoir recours aux fonds souverains pour sa stratégie de recapitalisation ?

Fonds souverains. Voilà le nom porté par les nouveaux maîtres du capitalisme ! A ne pas confondre avec les « hedge funds », c’est-à-dire les très redoutés fonds spéculatifs. 

Ils s’appellent CIC (China Investment Corp), GIC (Government of Singapore Investment Corporation), ADIA (Abu Dhabi Investment Authority). Ce sont les fonds souverains de pays émergents. Ces derniers mois, ils ont fait une entrée spectaculaire sur la scène internationale  en volant au secours des banques (Morgan Stanley, Merrill Lynch, UBS) considérées pendant longtemps comme les parangons de la finance internationale. Subprimes obligent, elles ont perdu toute notoriété ! 
 
Les encyclopédies de la finance retiendront que, durant l’année 2007-2008, la zone d’influence du capitalisme mondial a changé de rive. En tous cas, elle n’est plus en Occident.
 
Bourrés de pétrodollars ou de revenus générés par une croissance explosivement insolente, les pays d’Asie et du Moyen-Orient ne lésinent pas à inonder la planète de leurs capitaux logés dans des fonds d’investissement étatiques. Ces puissants fonds souverains disposeraient, selon la Deutsche Bank, d’une puissance de feu de 3000 milliards de dollars, soit deux fois plus que les « méchants » fonds spéculatifs. Dans moins d’une dizaine d’années, c’est dix mille à douze mille milliards de dollars que les fonds souverains seraient capables d’injecter dans l’économie mondiale, si le cours des matières premières, et principalement du pétrole, continue son envolée !
 
Les fonds souverains sont devenus les nouveaux banquiers de la finance internationale (ils ont renfloué l’UBS, Morgan Stanley et le fonds d’investissement américain Blackstone). Ils ont donc une très grande influence sur les aspects économiques et géopolitiques du monde. D’ailleurs, le chef de l’Etat Russe, Vladimir Poutine, a perçu l’intérêt que peut procurer un fonds souverain et a déjà doté son pays d’un « fonds des générations futures ». Il en est de même d’Hugo Chavez, Président du Venezuela, détenteur de pétrodollars, qui entend mettre sur pied la banque du sud ; histoire de concurrencer le FMI et la banque mondiale qu’il considère comme des institutions financières répressives à la solde des américains.
 
Il est clair que l’ambition grandissante de ces nouveaux assaillants du capitalisme mondial va déclencher un mouvement de protectionnisme en occident. Souvenez-vous, l’année dernière, de tous les discours craintifs qui ont suivi l’entrée au capital de Dubai Ports World dans les activités portuaires américaines. La France n’a pas été en reste. Elle s’est concocté  une disposition  anti-OPA afin de protéger ses secteurs stratégiques au nom du patriotisme économique. Mais jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Les puissances occidentales vont-elles s’enfermer ad vitam æternam dans leur protectionnisme au risque de laisser  péricliter la finance mondiale ? Il ne s’agit plus aujourd’hui de protéger uniquement quelques secteurs stratégiques ou champions nationaux. Il s’agit aussi de donner un souffle nouveau au marché boursier sur lequel les entreprises et l’Etat actionnaire lèvent des capitaux pour se financer et accomplir de grands projets. 
 
Seul le fonds souverain de la Norvège, (sur les dix plus grands fonds souverains) dont les plates-formes pétrolières de la mer du Nord inondent les caisses gouvernementales, ne provient ni d’Asie ni du Moyen-Orient. 
 
Avec la caisse des dépôts et consignation, créée en 1816, la France peut avouer timidement disposer d’une sorte de fonds souverains. Mais avec une petite force de frappe de 40 milliards d’euros investis en actions dans la majorité des groupes du CAC 40, ce petit poucet de l’Etat ne peut défier les grands fonds souverains d’Asie et du Proche-Orient. 
 
Jusqu’à quand une loi anti-OPA nous protègera des prises de contrôle hostiles ?
Peut-on valablement se passer des pétrodollars, moyennant certes intérêts, fournis par les fonds souverains ? En cette période de récession économique mondiale  marquée par la crise des subprimes, la perte abyssale de la Société Générale, le risque de fermeture d’usines à Gandrange, les fonds souverains pourraient être d’un éventuel secours. Ils ne sont pas spéculatifs et sont capables de respecter les règles de police économico-boursière. Pourquoi se passer d’une telle manne si par des règles prédéfinies on peut les contrôler ? Mais pendant ce temps, faute d’argent frais (mais disponible dans les fonds souverains), les banques resserrent les vis pour tout emprunt immobilier ou tout crédit à la consommation ; la consommation ralentit et la croissance en pâtit. Sans oublier la maladresse monumentale du paquet fiscal !
 
Alors, les fonds souverains, pour  ou contre?
 

 


 

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K
En restant totalement objectif et à la manière dont tu présentes ces fonds souverains, nous ne pouvons y être que favorables. Mais, car il y a toujours un "mais" [que je ne partage pas au demeurant], un souci majeur, que tu évoques d'ailleurs, risque de poindre : faire admettre aux "Occidentaux" que le pouvoir a changé de mains ! Car, tel qu'est interprété le capitalisme par l'Europe et les USA, il est acceptable qu'autant qu'il leur soit favorable ... dès lors que c'est la tendance inverse qui se dessine, les protectionnismes de toutes sortes sont mis en oeuvre !
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H
Cher Karim,Personnellement, les fonds souverains ne me posent a priori aucun souci dans la mesure où ils peuvent se soumettre aux lois des pays destinataires des investissements. Les pays hôtes d'investissements pourraient également exiger plus de transparence à un fonds se montrant intéressé par tel ou tel acteur économique. Les mesures protectionnistes ne sont crédibles que si l'Etat peut assumer derrière. Mais, elles ne peuvent durer éternellement car une entreprise a par moment besoin de financements forts pour entreprendre de grands projets!Aussi semble-t-il important de souligner que les fonds souverains ne sont pas dans la même logique que les fonds spéculatifs!Avec un fonds souverain, il est possible d'envisager des partenariats ou des investissements à moyen ou long terme. Ce sont des actionnaires parmi tant d'autres!!Ce qui suscite le protectionnisme, c'est non pas la pseudo-dangerosité de ces fonds, mais plutôt la peur que les donneurs d'ordre viennent d'Asie ou du Moyen-Orient!!Alors que l'épicentre du capitalisme se trouve dans ces zones!!!