"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
La Commission Attali a le mérite d’être cohérente sur un point : La France a besoin de l’immigration.
En même temps, contrairement aux idées simplistes assez répandues, la France n’a jamais eu la vocation d’accueillir toute la misère de l’humanité ! Aucun autre Etat d’ailleurs. Mais les crises démocratiques inhérentes à l’instabilité de certains pays et les mutations économiques ont souvent poussé certains individus à émigrer vers d’autres horizons plus ou moins lointains, notamment la France. D’autres émigraient « clés en mains », c’est-à-dire munis d’un contrat de travail opérationnel pour des emplois subalternes dans l’industrie ou les Chemins de fer.
Passons, par respect, sur ceux qui, à l’image de mon Grand-père et d’autres anciens combattants, par fidélité naïve ou coloniale à la France du Général De Gaulle, sont morts pour libérer le pays du joug allemand.
De nos jours, l’immigration est devenue un concept attrape-tout utilisé par Sarkozy pour faire diversion et masquer son échec socio-économique du moment.
Quand on forme le vœu que l’année 2008 soit placée sous le signe d’une « politique de civilisation », le bon sens impose qu’on mette en place de puissants leviers renforçant le vivre-ensemble, le métissage culturel et la diversité. Au lieu de cela, dans cette France dite civilisée, dans la « Sarkozie », on fait germer l’idée nauséeuse d’une immigration envahissante, profiteuse des aides sociales ; en clair des immigrés paresseux qui refuseraient de se lever tôt pour aller travailler.
A écouter le Président de la République s’adressant aux jeunes de Sartrouville, on s’aperçoit malheureusement que celui-ci ignore fondamentalement la réalité des français qui se lèvent tôt. Il suffit juste de prendre les transports communs très tôt le matin pour voir la tronche mi-endormie de ces nombreux français d’origine immigrée qui vont quotidiennement vaquer à leurs occupations souvent subalternes rémunérées au lance-pierres.
Les clichés, ayant la peau dure, sont difficiles à abattre et Sarkozy et son Gouvernement en jouent.
La triste nouveauté, toujours dans cette logique de combattre une immigration faussement encombrante, Brice Hortefeux, Ministre de l’immigration, souhaite constitutionnaliser une politique de quotas. Certes, le Conseil Constitutionnel a déjà refusé la logique des quotas dans ce pays, mais pour des raisons idéologiques et d’instrumentalisation de l’immigration, on veut nous faire croire que la France va « enfin » choisir ses immigrés grâce à une nouvelle disposition constitutionnelle limitant le principe d’égalité.
Balivernes ou fausses vérités ? La France a toujours choisi ses immigrés !Sinon pourquoi y-a-il autant de refus de délivrance de visas dans nos consulats ?
Comme je l’ai déjà dit sur ce blog, en réponse à cette politique grave et injuste que mènent Sarkozy et Hortefeux, le parti socialiste doit proposer une autre politique d’immigration qui ne sera ni permissive, ni restrictive, mais réfléchie.
Au PS, rien ne serait pire que la continuation d’une politique faussement compassionnelle à travers la divergence entre la grandeur des mots et le vide de l’action, à travers l’érection de l’utopie en masque d’impuissance, à travers l’encouragement des rêves en faveur du meilleur des mondes pour mieux détruire les perspectives d’améliorer le monde tel qu’il est.
L’immigration doit sortir du champ de la sécurité intérieure pour intégrer le giron d’un ministère inédit intitulé « Ministère du développement et des solidarités républicaines ».
* Développement, car il s’agira de mettre en place le concept de la « dissuasion migratoire ». En effet, en collaboration avec les pays d’origine, il s’agira d’encourager et de financer des projets durables localisés sur leur territoire. Garantir un avenir certain aux jeunes tentés par l’immigration via le financement des initiatives pérennes et lucratives serait d’un apport considérable pour freiner l’ardeur de certains jeunes tentés par le périple migratoire.
Avec cette formule de dissuasion migratoire, il conviendra d’une part, de sortir du concept fourre-tout de codéveloppement et d’autre part d’agir, dans chaque pays en fonction des diagnostics précis, avec la collaboration de la société civile des pays d’origine.
Pourquoi ne pas solliciter aussi une contribution financière annuelle des immigrés ou naturalisés basée sur le volontariat ??
Tant qu’il aura de la misère sur certaines parties du globe, la tentation migratoire serait toujours grande !On peut beau construire des murs, des barrières, mettre des gardes-côtes, etc…, un individu qui se trouve sans avenir cherchera toujours à changer d’air. C’est le b. a Ba de l’instinct de survie.
* Et des solidarités républicaines, car il s’agit de mettre fin une fois pour toute à la triste réalité que connaissent nos banlieues.
Chômage, racisme voire islamophobie sont des maux qui détruisent la motivation de certains jeunes majoritairement français, étiquetés à tort comme des immigrés.
« Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde », disait Camus.
Ce pays, droite et gauche confondues, a assommé les habitants de quartiers populaires de RMI afin d’avoir la paix sociale, alors qu’il aurait dû mettre en place une égalité réelle qui s’attaque aux causes réelles de leur pauvreté.
Au lieu de leur donner du poisson, pourquoi ne leur apprendrait-on pas à pêcher ?
A côté d’un nième plan banlieue qui, a mon sens, devrait s’occuper exclusivement des logements sociaux, des crèches, de la construction des lieux de vie et de culture, de l’urbanisme, un plan « solidarités républicaines » devrait s’atteler à mettre en place des dispositifs concrets à effet visible permettant de lutter contre le chômage et le racisme. Sinon, ce serait, si ce n’est déjà à petite dose, faciliter le repli communautaire et la tentation de certains jeunes par le radicalisme religieux. D’ailleurs, là où la République s’efface, le fondamentalisme s’installe.
Enfin, hypocrisie quand tu nous tiens ! Même le français d’origine immigrée ou antillaise de bonne foi épris de la Chose publique n’est pratiquement ou pas assez mis en valeur par les formations politiques, de gauche, comme de droite !
Combien de noirs ou d’arables sont têtes de liste pour les élections municipales ? Combien sont en position éligible ? D’ailleurs combien figurent sur une liste pour les municipales et les cantonales ?
Penser à tort ou de façon calculatrice que les français ne seraient peut-être pas prêts pour élire des dirigeants d’origine immigrée relève d’un conservatisme imbécile ou d’un déni de réalité. Je ne crois pas que les français soient aussi idiots dans leur majorité pour penser que les convictions politiques se limitent exclusivement à la couleur de la peau ou la consonance du nom !
Mais pendant ce temps, aux Etats-Unis (comparaison n’est pas raison) un OBAMA, métis marié à une Noire, porté vers la Maison-Blanche par les vœux de l’IOWA, Etat Blanc à 93 % met en exergue le changement.
Alors, en France, je ne peux qu’emboîter les pas de Martin Luther King en disant « I have a dream…. »