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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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ET SI L’EURO DISPARAISSAIT ?

La crise financière est loin d’être terminée. On a eu l’occasion de le voir la semaine dernière en regardant les titres des groupes bancaires perdre fortement de la valeur. La crise économique n’est qu’à son début ; au moins en Europe. On aura certainement l’occasion de s’en rendre compte lorsque l’INSEE nous aura livré le tableau économique de la France pour le quatrième trimestre 2008. Allons-nous nous diriger ensuite vers une crise monétaire européenne ? C’est la question que tout un chacun est en droit de se poser quand commencent à apparaître des sérieux problèmes en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, et en Irlande, où le FMI pourrait, très bientôt, jouer au docteur tant la situation financière de ce pays est  dans une impasse.

 

L’Europe a décidé collectivement de mettre sur la table 200 milliards d’euros pour endiguer la récession. Mais ce geste affaiblit les pays dont les finances publiques sont dans un état lamentable sinon dramatique. Alors que peut-il se passer ? En toute logique, dans une zone monétaire bien organisée, on pourrait imaginer qu’un mécanisme institutionnel vole au secours des Etats les plus fragiles, afin de leur permettre de répondre aux critères qui leur ont fait  adhérer à cette zone monétaire. Le hic, c’est que ce cas n’est pas prévu par le traité de Maastricht. Ce traité n’a jamais envisagé que les choses puissent aussi mal se passer comme le montre la crise actuelle. Certes, on a déjà, par le passé, assoupli les critères de convergence, notamment pour l’Allemagne et la France. Bien sûr, spécialement pour cette crise, tous les paramètres de Maastricht ont été suspendus provisoirement.

 

Mais cela ne suffit pas. En tous cas aux yeux des agences de notation qui dégradent les dettes souveraines de certains pays d’Europe du Sud, ou des investisseurs qui ne veulent plus prêter en euros à la Grèce avec le même taux avantageux dont bénéficie l’Allemagne. Le sujet peut sembler brûlant, mais il est réel : l’euro est menacé de disparaître. Et ceux qui croient que parce que l’euro représente désormais le quart des réserves monétaires mondiales cela suffit à le protéger se trompent gravement.

 

Les conséquences d’une implosion de l’euro sont de deux ordres. Le premier est purement économique. Les pays les plus faibles sortiraient de l’euro, retrouveraient leur liberté et donc la possibilité de renouer avec leur ancienne monnaie avec un taux de change très favorable. Ce qui reviendrait à des dévaluations compétitives comme celles que l’on a connues au cours des années 90. De ce fait, ils réexporteraient vers les pays en euro, notamment la France et l’Allemagne, les effets de la crise économique. Exactement à la manière de ce qui s’était passé dans les années 30 lorsque tous les pays tombant comme des dominos se sont mis à dévaluer, laissant à la France de Léon Blum le soin de dévaluer en dernier.

 

La seconde conséquence serait plus grave, puisque la division ou l’éclatement de l’euro créerait d’affreuses tensions dans une zone qui a fait de son unité monétaire une raison de résister unie face à la crise. Ajouté aux distorsions de concurrence créées par les aides publiques, ce sinistre scénario d’origine monétaire pourrait aussi dissoudre l’Europe politique. On comprend dans ces conditions que, en dépit de nos convictions, les britanniques regardent l’euro de loin, comme si c’était une monnaie dépourvue de stabilité. Et ceux qui croient voir le royaume de sa Majesté intégrer rapidement l’eurogroupe se trompent allègrement.

 

Cette crise impose donc l’impérieuse nécessité de prendre, sans aucune idéologie, des mesures socio-économiques qui s’imposent et surtout de trouver une porte de sortie aux pays d’Europe du Sud. Nul n’a le droit de regarder ailleurs pendant que la maison de son voisin brûle !

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N
Ton scénario est sérieux comme l'est aussi ton article. C'est une situation dont tous les grands Etats de l'UE sont conscients, mais ils préfèrent ne pas ajouter la crise à la crise. Glabalement je partage ton analyse. Il fallait y penser...
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