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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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Le chômeur, une victime inoubliable de la crise.

La crise impose des discussions tout azimut. A côté des négociations entre Nicolas Sarkozy et les banques ou les constructeurs automobiles, celles  entre le patronat et les syndicats peuvent sembler d'une valeur moindre et de simple routine. Tel n’est pas le cas : au moment où le chômage repart violemment à la hausse (les chiffres qui seront publiés la semaine prochaine pour le mois de novembre seraient très mauvais), les amortisseurs et balises  sociaux sont plus indispensables que jamais.

La première discussion, sur la formation professionnelle, s'est terminée sans qu’aucune décision n’ait été prise. Cela n'a surpris personne dans la mesure où les négociateurs ne sont entrés dans le vif du sujet qu'après les prud'homales du 3 décembre. Rendez-vous est pris pour le 6 janvier, avec une chance probable d'accord. Quid de son contenu ? Il est mitigé. Certes, et comme le voulait le gouvernement (un peu à l’image de la sécurité sociale professionnelle revendiquée par les socialistes), un Fonds de sécurisation des parcours professionnels sera bien créé. Il visera les personnes aujourd'hui privées de formation : les chômeurs, les peu-qualifiés et le sous-qualifiés. Cela mettra fin à une aberration en vertu de laquelle l'argent disponible a toujours bénéficié aux salariés des grandes entreprises. Mais la simplification et la transparence d'un système auquel personne ne comprend grand chose n'est plus à l'ordre du jour. C'est regrettable et on est loin du travail fait avec la réforme Delors de 1971 !

La deuxième discussion, sur l'assurance-chômage, quant à elle, a occupé toute la soirée d’hier, avec l'espoir d'un accord. On en est loin car aucune confédération syndicale ne s'est prononcée dans l'immédiat sur une signature ou non de cet accord, chacune renvoyant à la décision de ses instances au mois de janvier.

Bien plus suivie par les entreprises et leurs salariés que la précédente, cette négociation doit assurer les droits des chômeurs à partir du 1er janvier. L'enjeu est important : plus de 30 milliards d'euros chaque année. Là encore, l'objectif a été de prendre davantage en considération ceux qui perdront leur emploi dans les mois qui viennent, d'étendre l'indemnisation... et de simplifier l'ensemble.  Malheureusement, le prix en sera payé par les demandeurs d'emploi, dont la durée maximale d'indemnités a été raccourcie.

Certes, le projet, qui concerne les nouveaux demandeurs d'emploi et non les allocataires actuels, élargit les conditions d'accès à l'indemnisation pour les jeunes et les précaires. Mais, à le comparer aux règles prévalant jusqu'ici, le projet d'accord restreint, de l'aveu même du patronat, la durée de versement des allocations pour une partie des demandeurs d'emploi, en l'occurrence ceux ayant travaillé pendant au moins 16 mois sur les 26 derniers mois. En réalité, l’objectif cynique du patronat est de sortir en nombre et beaucoup plus rapidement de personnes indemnisées des Assedic, et  les conduire vers les minima sociaux. Le seul gagnant de cette discussion est le Medef qui avait fait de la diminution des cotisations son principal cheval de bataille. Il est parvenu à ses fins, même s'il a renoncé à obtenir une baisse immédiate.

L’excédent de 4,5 milliards prévu par l’Unedic devrait servir, d’une part, à indemniser un plus grand nombre de chômeurs et d’autre part, régler une partie de la dette de l’organisme.

Cette période tendue de crise impose une prise en charge réelle et durable des nombreux chômeurs qui viendront malheureusement gonfler les rangs à l’ANPE. Les partenaires sociaux doivent mettre en place un véritable filet anticrise évidemment et nécessairement au profit de ceux (les chômeurs) qui l’Unedic a été créée. Les syndicats doivent bien réfléchir avant d’apposer leur signature…

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