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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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MANUEL VALLS, L’INCOMPRIS ?

« Où l’insécurité est-elle la plus criante ? [ ... ] Où les règlements de comptes sont-ils les plus nombreux ? Quelles sont les zones de non-droit où l’angoisse et la peur, comme un brouillard épais, empêchent de vivre et de circuler sereinement ? La réponse, tout le monde la connaît. Personne ne veut la clamer haut et fort. Et qu’on ne me parle pas de stigmatisation. [...j S’habiller de la fausse pudeur du politiquement correct, c’est mettre sous couvercle un problème que l’on n’a pas le courage de régler ». Ces quelques lignes ont été écrites en 2011 par Manuel Valls dans son livre intitulé  « Sécurité, la gauche peut tout changer ». 


Manuel Valls, a toujours fait de la sécurité son cheval de bataille (« J’ai dû, confronté à cette dure réalité, faire évoluer mes convictions face à la violence inouïe entre les bandes rivales, la gangrène de la drogue, les dégradations, les incivilités, les occupations illicites des gens du voyage. »). Avec d’autres au PS (Bruno Le Roux notamment), il a toujours voulu placer la sécurité au cœur de la matrice socialiste.


« L’histoire de la gauche est marquée par une parfaite dichotomie, voire une schizophrénie idéologique lourde, en matière d’ordre et de sécurité », analysait Valls en 2011 .Un « malaise », fruit d’un postulat tenace au PS, selon lequel « l’insécurité serait uniquement une conséquence de l’injustice sociale, au-delà de toute responsabilisation du contrevenant ou du criminel ». Sans concession, Valls instruit dans son livre le procès de Sarkozy, coupable selon lui d’avoir mené une « politique du chiffre » doublée d’une « course à l’échalote » pour séduire les électeurs du Front national. Mais il avertissait déjà ses camarades : « La gauche au pouvoir aura aussi le devoir de comprendre les échecs de ce qui, quatorze ans auparavant, en a été le prototype : la police de proximité. »


Les titre de chapitres (« Une justice au pain sec, des prisons en miettes », « Mieux punir les enfants de la République », « Parlons ghetto »...) laissaient déjà imaginer que Valls ne céderait pas un pouce de terrain au politiquement correct. Revenant sur une polémique qui l’avait touché (il avait été filmé sur un marché d’Évry, parlant des « Blancs, Whites, Blancos »), Valls persiste et signe : « J’entends déjà certains m’objecter avec cécité et précipitation drapés de sublimes principes humanistes et auréolés de lauriers antiracistes qu’il est interdit de faire des amalgames entre la couleur et la pauvreté, la couleur et les difficultés sociales, la couleur et l’insécurité. [ ... ] Je veux, en tant que responsable de gauche, pouvoir parler en conscience [...] de sécurité, de nation, de laïcité, de couleur, librement. Et si je dois choquer les âmes frileuses, eh bien j’emploierai avec d’autant plus de conviction ces mots comme des marteaux pour clouer le bec aux autruches de la pensée. »

Quand Manuel Valls détaille dans son livre  ses positions sur les grands sujets touchant à la sécurité, ses propos sont très explicites. II récuse d’ailleurs le terme cher à Ségolène Royal d’ « ordre juste ». Selon Valls, « le simple fait d’accoler au mot « Ordre » l’épithète « juste » est l’aveu inconscient pour la gauche que l’ordre seul est vécu comme une dérive, une menace. »


Certaines déclarations ont pris leur sens une fois  Valls, installé à la tête du ministère de l’Intérieur : « Je veux réhabiliter l’ordre en tant que tel, dans ses vertus structurantes et libératoires pour l’individu. »


Son credo ? « Sortir de la politique du chiffre et tendre vers une culture du résultat. »


Pour y parvenir et surtout gommer cette fausse étiquette de « socialiste de droite », Valls devrait parfois rassurer certains de ses camarades en utilisant des mots qui évitent de blesser ou qui créent des confusions inutiles.

Cela dit, au-delà de son action utile au gouvernement, qui peut oser douter du caractère républicain de Manuel Valls ?


Les classes populaires, les premières victimes de l’insécurité, souvent tentées par le vote extrême et xénophobe, seront surement satisfaites des résultats du gouvernement sur la sécurité.  Au-delà des mots qui fâchent, des maladresses mal pensées, la sécurité reste tout de même un droit, un acquis, pour lequel se bat le gouvernement.

 

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