"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
« Quand les faits changent, je change d’avis. Pas vous ? » Cette célèbre phrase de Keynes est en vogue dans les couloirs du pouvoir. Nicolas Sarkozy, voulant marcher dans les pas de ce dernier, nous a concocté un plan de relance incomplet dépourvu de toute efficacité à long terme.
Le bon plan devrait être celui qui met au même diapason les trois objectifs suivants : L’amélioration de la compétitivité des entreprises, le secours aux secteurs menacés et un soutien massif à la consommation via les bénéficiaires de minimas sociaux et d’allocation logement. Une manière, de corriger l’erreur inoxydable du paquet fiscal qui n’a fait que donner du pouvoir d’achat aux seuls riches.
La relance n’est pas synonyme de misérabilisme. Il s’agit de donner de l’argent à ceux qui en ont besoin, du fait des effets désastreux de la crise, afin qu’ils puissent consommer et essayer de redémarrer le système. Mais Nicolas Sarkozy, par dogmatisme suranné, se comporte comme un aristocrate jetant des pièces aux gueux, quand il croit soulager sa conscience en donnant quelques euros aux bénéficiaires de minimas sociaux. Le compte n’y ait pas. Les mesures en faveur des plus modestes ne suffiront pas. Il faudra non seulement élargir le périmètre des bénéficiaires, mais également augmenter les montants d’aides. A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles !
Une relance qui zappe les français et leur pouvoir d’achat ne fera pas long feu. Une relance qui snobe les salaires risque d’être inefficiente. Son impact sur l’économie réelle serait quasi nul.
Tenez, la prime à la casse, une mesurette qui fera pschitt. Je ne vois pas comment, en ces périodes d’incertitude économique et sociale (beaucoup vivent avec la peur de perdre leur boulot), une prime de 1000 € pourrait inciter un consommateur à se débarrasser de sa vieille voiture et investir une vingtaine de milliers d’euros dans une autre, neuve ! 1000 euros, c’est rien à côté du prix d’une voiture neuve peu polluante ! Pour des raisons d’efficacité, le gouvernement aurait pu mettre en place, à côté de cette prime à la casse, un système de réduction d’impôt pour l’achat d’une voiture neuve peu polluante, certes limité dans le temps, afin de sortir les constructeurs automobiles de l’ornière. Ce sont des emplois de plusieurs milliers de personnes (salariés, sous-traitants, vendeurs, concessionnaires, etc.…) qui sont en jeu ! Pourquoi gaspiller l’argent des français dans le paquet fiscal si, pour une fois, on peut bien le dépenser ?
Le gouvernement pense à tort qu’une relance de la demande (faite au profit des consommateurs) serait uniquement bénéfique aux produits importés ! La TVA et l’impôt sur les sociétés qui vont en découler iraient quand même dans les caisses de l’Etat. D’ailleurs, cette crainte devrait plutôt renforcer la nécessité d’encourager des produits innovants, fabriqués en France, à compétitivité-coût soutenable.
D’ailleurs, quand on s’aperçoit qu’en dehors du versement anticipé des sommes dues par l'Etat aux entreprises, le montant réellement consacré par l'Etat à l'investissement dépasse difficilement les 6 milliards, comparés aux 360 milliards éventuellement mobilisables (même si c’est sous forme de prêt) pour les banques, on est déçu du manque d’ambition de ce gouvernement. Soit celui-ci est déconnecté des réalités socio-économiques de ce pays, soit il n’a pas encore pris acte de la dureté de la crise.
Enfin, chez les socialistes, Ségolène est en colère. Aucun de ses fidèles compagnons ne figure dans la nouvelle direction mise en place par Aubry. Est-ce normal ? Si, on raisonne de manière démocratique, on est tenté de dire oui puisque la majorité dans une élection se limite à 50% + 1 voix ; auquel cas Martine Aubry est libre de faire ce qu’elle veut ! Mais est-ce sérieux que ne figure aucun royaliste au sein de la direction ? Je réponds NON ! La démocratie ne justifie ni les divisions internes inutiles ni l’exclusion des amis d’hier. On ne peut pas traiter comme un minoritaire, un groupe qui est arrivé en tête des motions et qui, de surcroît, a réuni 49,98 % de voix sous le seul nom de leur leader ! La démocratie n’empêche pas de faire des choix légitimes ! La légitimité, la crédibilité exigent que des pro-Royal soient dans la nouvelle direction. Nul n’est plus socialiste que d’autres ! Martine Aubry aurait mieux fait d’être plus flexible et ouverte. Ségolène aussi doit être plus conciliante et parvenir à un nouvel accord avec cette dernière. Il est urgent, malgré nos différences marginales, de créer un nouvel élan de rassemblement en intégrant les lieutenants de Ségolène Royal dans la nouvelle direction. Ce serait faire preuve de bon sens et d’apaisement !
Une atmosphère permanente de guerre fratricide ne serait pas supportable par les français qui attendent plutôt le PS sur des questions de leur vie de tous les jours. Une telle ambiance nuirait à notre audibilité. Un PS rassemblé, pour les combats à venir, vaut mieux qu’un PS verrouillé et balkanisé.