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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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DE BARACK OBAMA A SEGOLENE ROYAL…

Incapables de trouver en congrès une orientation et un leader, les dirigeants du parti socialiste laissent aux militants la responsabilité d'arbitrer par un vote un match (avec un éventuel second tour vendredi) qui opposera  Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.

 

Ils sont donc trois candidats au poste de premier secrétaire. Du jamais-vu depuis 1995 ! Il s’agit, à tout le moins, du symptôme d'un PS morcelé où le prochain premier secrétaire, quel qu'il soit, ne disposera pas d'une majorité stable pour diriger le parti.

 

Si les congressistes ont évité les pugilats publics qui avaient prévalu au congrès de Rennes de 1990, leurs divisions n'en sont pas moins profondes : peu de divergences de fond mais des conceptions radicalement différentes de la politique, sur lesquelles se greffent les incompatibilités personnelles et le choc des ambitions.

 

Une chose est certaine : Ségolène Royal rend fous ses autres camarades. Ils la détestent parce qu’elle n’accepte pas les règles du jeu. N’est-ce pas Lionel Jospin qui la considérait déjà comme un acteur secondaire de la vie politique ? Ségolène Royal le désigne d’ailleurs comme le grand inspirateur d’un front tout entier dirigé contre sa personne lors du congrès de Reims.

 

Pourquoi tant de haine envers celle qui fut candidate du parti aux élections présidentielles ? A l’évidence, Ségolène Royal, par ses discours, ses comportements, détruit le conformisme, le conservatisme qui ont pendant longtemps pénalisé la dynamique du parti. Pour ses détracteurs, elle représente un danger pour la survie des courants artificiels, des clans, des barons qui se sont installés à Solferino pour gérer leur pré-carré. Ils ont peur de cette femme qui entend mettre de l’ordre à Solferino, club select et fermé réservé à quelques éléphants en voie d’extinction. Ils prétextent de son idée d’alliance avec le modem pour la vouer aux gémonies et pour l’accuser de tendance droitière. Mais, toujours déroutante, elle propose  de consulter les militants directement sur les alliances avec le centre. Normalement, ce choix démocratique laissé aux militants devrait a priori rassurer les autres motions. Mais non ! Tant qu’elle ne sera pas mise K-O, ses détracteurs continueront à lui mettre les bâtons dans les roues. Ségolène doit échouer parce qu’elle est incapable de « gouverner » le PS, telle était apparemment leur ambition. Mais qu’avaient réussi ses détracteurs pendant les quinze dernières années ? Est-ce la faute de Ségolène si le parti a été incapable de se rénover et de renouveler ses dirigeants ? Est-ce la faute à Ségolène si 45 % des militants ne sont pas déplacés pour voter le 06 Novembre dernier ?

 

Je n’ai pas voté pour sa motion. Mais en bon démocrate, je lui reconnais la légitimité, eu égard à son score  certes minoritaire, d’être première Secrétaire du PS. Tout cela rappelle le Congrès d’Epinay : La défaite de la haute figure d’Alain Savary, derrière laquelle apparaissait le visage de Guy Mollet et de ses hommes, scellant du même coup l’alliance improbable de François Mitterrand, de Pierre Mauroy et de Gaston Defferre, qui seront rejoints par Jean-Pierre Chevènement.

 

Je n’ai pas souhaité qu’une motion minoritaire, comme à Epinay ou aujourd’hui à Reims, prenne la direction du parti. Mais force est de constater que la pagaille qui a régné au congrès de Reims nécessite l’élection d’une première Secrétaire (mon choix penche fortement pour Ségolène Royal) en rupture complète avec les techniques haineuses et de division qui sont légion dans ce parti.

 

Suis-je devenu un « supporter » de Ségolène ? Non, mes chers amis. N’allez surtout pas trop vite en besogne. (Je suis d’obédience sociale-démocrate, un modèle qui a besoin d’être remanié, rénové en profondeur, actualisé afin d’anticiper les crises). Ségolène Royal a encore des progrès à faire et énormément de travail d’ici à 2012. Elle n’est pas souvent fiable dans ses choix. Mais elle demeure l’un des principaux atouts du parti socialiste.

 

Tant que les français condamneront des combines d’arrière-boutique, ils voteront Ségolène. La marginaliser, la descendre ou la ringardiser pourraient sonner le glas du rêve socialiste. A part Ségolène, malgré tous ses défauts, qui au PS, a actuellement le statut inoxydable d’ancien candidat aux élections présidentielles ? Il y a des signaux qu’on ne devrait pas négliger.

 

Avec Ségolène, je continuerai à me comporter en camarade qui veut continuer à militer ensemble, mais qui assume ses différences politiques.

 

Tout le monde devra se ranger derrière celui ou celle qui sera désigné(e) par le vote souverain des militants. A charge pour le ou la premier (e) secrétaire de poursuivre l'effort  et la nécessité de rassemblement. N’est-il pas beau le PS à la fin ?

 

Enfin, pour coller au titre de mon article, il m’a semblé urgent de dire deux mots sur la victoire de Barack Obama afin de combler les lacunes d’interprétation que certains distillent ici et là. Analyser sa victoire sous un angle politique stricto sensu est révélateur du malaise intellectuel que cette élection a suscité chez certaines personnes tantôt bienveillantes tantôt mal intentionnées. Certes Obama, a été élu parce qu’il a su présenter aux américains une offre politique et économique crédible. Mais il faut faire preuve de malhonnêteté intellectuelle pour occulter le fait qu’il a dû franchir des obstacles raciaux, des primaires jusqu’à son élection, avant d’être président des Etats-Unis. N’oublions pas, durant la campagne présidentielle, la crainte de l’effet Bradley, la méfiance de certains américains vis-à-vis des noirs ! Le racisme ne disparaitra pas des Etats-Unis, mais il serait sage de reconnaître le pas de géant fait par les américains en mettant l’avenir de leur pays entre les mains d’un noir américain, dont les semblables n’avaient eu le droit de vote que depuis une cinquantaine d’années et dont les ancêtres (pas ceux de Barack Obama mais ceux de sa femme) ont connu les chaînes et la déshumanisation liées à l’esclavage.

 

Même Arnold Schwarzenegger, républicain pur jus, s’est dit "touché" par l'élection du premier président noir américain.

 

Cette élection nous donne une leçon sur l’universalisme. Elle indique, contrairement aux idées conservatrices, rétrogrades , ringardes et « racialistes »  ayant dominé pendant longtemps dans  les partis politiques français, qu’un noir, un maghrébin ou un individu issu de la minorité visible (certes capable et compétent) est apte à occuper des postes électifs et décisionnels si on lui en donne les moyens. Dire autre chose ou tirer des conclusions alambiquées serait faire preuve de myopie intellectuelle.

 

 

 

 

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S
Ha la mon cher Hervé, je suis 100% avec toi.<br /> Je suis très très hésitant puisqu'aucun des candidats en lice ne possède tous les atouts que je souhaiterai.<br /> - Nul doute qu'avec Ségolène, des têtes vont tomber mais je suis dubitatif vis à vis de son autoritarisme et de sa densité politique.<br /> - Nul doute qu'avec Martine il y aura de la cohérence, du respect du parti mais cela relancera t'il la machine ? Le parti sera t'il vraiment rénové ?<br /> - Nul doute qu'avec Benoit le PS sera bien à gauche, qu'il s'adressera aux classes populaires qui se sont détournées de nous, qu'il nous itnerpellera sur des sujets majeurs comme l'Europe et les services publics ? Seulement, certains de ses soutiens n'ont pas toujours respecté le parti et l'ex candidate à la présidentielle, et font parfois des incantations presque d'un autre âge ou d'un autre parti bien plus révolutionnaire que nous :o)<br /> <br /> Bref, pas de solution idéale, pas de leader incontestable. Au milieu de toute cela il faudra sans doute voter sur la sensibilité la moins éloignée de notre vision de ce que doit être le socialisme et ce choix est éminemment personnel à chaque militant.<br /> <br /> A jeudi donc, préparons de l'aspirine :o)<br /> S Baron
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S
Mon cher Hervé,<br /> Pour ma part, je ne te rejoins que partiellement. Sur ce que tu as écris, je suis largement en accord, seulement je n'oublie pas la campagne présidentielle calamiteuse avec toutes ces fulgurances sorties d'on ne sait où sans que ses conseillers soient mis au courant et nous les militants de terrain encore moins, je n'oublie pas qu'au lendemain de la présidentielle notre candidate a déclaré qu'elle non plus ne croyait ni à l'extension des 35h ni à l'augmentation des bas salaires (ce qui est un comble pour une candidate de gauche !!!), je n'oublie pas qu'elle a proposé sans concertation avec les militants ni avec le parti le poste de 1er ministre à un homme politique du centre droit (c'est un accord sur le fond qu'il fallait passer) : avec tout ça, avec une candidate de gauche qui n'était pas vraiment de gauche pas étonnant que les français aient opté pour une ligne claire, de droite assumée et décomplexée.<br /> Maintenant, je suis admiratif de son courage, de sa ténacité et de son talent tactique (avec la mise au frigo par exemple) mais est-ce suffisant pour diriger notre parti ? Est-ce suffisant pour être un leader DE GAUCHE ?<br /> Ne va t'elle pas remplacer de vieux épiciers amorphes par de jeunes béni oui-oui dociles pour sa seule cause personnelle ? A ce régime là mon camarade, tu seras sois derrière elle, soit contre elle ...<br /> Je ne suis pas devin, et j'espère me tromper mais il faudra bien réfléchir jeudi au moment de voter, il ne faudra pas avoir de doutes ni de regrets, il ne faudra pas faire de grandes envolées lyriques sur la social-démocratie dans quelques semaines en section si tu votes pour une candidate qui a déclaré récemment que la social-démocratie est morte simplement pour donner l'impression de se radicaliser vis à vis de l'actualité.<br /> Gardons en tête qu'un parti ne fonctionne que par cohérence politique, nul(le) n'étant indispensable.<br /> Amitiés socialistes,<br /> S Baron
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H
<br /> <br /> Cher Stéphane, je suis très conscient des enjeux de l'élection de jeudi. Cependant, quand je dis que "mon choix penche<br /> fortement vers Ségolène Royal", c'est ma façon de douter du choix que je ferai demain. Véritablement, j'hésite en Martine et Ségolène, non pour des raisons idéologiques, mais pour des<br /> considérations inhérentes à leur valeur intrinsèque. Ségolène, comme je l'ai dit, n'est pas fiable, mais elle reste toujours un atout. Martine est intéressante mais n'a pas le même rapport<br /> au peuple qu'a Ségolène!Comme tu l'as si bien dit, il nous faudra bien réfléchir avant de voter. je ne voudrais pas déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul!L'élection de<br /> ségolène comporte des risques notamment sa difficulté de "gouverner" sans majorité, ce qui serait nuisible au parti. Celle de Martine n'est pas exempte de risques non plus puisqu'elle<br /> entretiendrait voire renforcerait les clans ou les baronies partisans de l'immobilisme et de la gestion de leur pré-carré.  Ce qui serait aussi défavorable à l'image du parti, sauf si<br /> vraiment il y a un véritable renouvellement. D'ailleurs au PS, je commence à me méfier du mot "renouvellement"! Enfin de deux maux, il faut choisir le moindre!Aubry ou Royal? Peut-être que<br /> je voterai Aubry demain, peut-être pas!Peut-être que je m'abstiendrai!Pourquoi pas Hamon, me dira-t-on? Pas Hamon, malgré toutes ses qualités, car je ne voudrais pas davantage compliquer les<br /> choses.<br /> <br /> <br /> <br />
K
Salut Hervé,<br /> <br /> Juste un mot, bravo pour ton analyse, j'y adhère à 100%.<br /> <br /> Amitiés,<br /> Kabé
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