"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
29, 25, 24, 18, tels ont été les numéros joués par les socialistes le 06 Novembre, tout en croyant, malheureusement, décrocher le gros lot ; c’est-à-dire la fameuse ligne majoritaire. Mais avec un tel quarté, il serait hasardeux d’espérer gagner autre chose qu’une instabilité idéologique pendant, au moins trois ans, des arrangements et combinaisons dictés par des basses considérations.
Souvenir ! Souvenir ! Au lendemain des élections présidentielles, l’heure était au « plus rénovateur, plus moderne que moi, tu meurs ». Mais la crise financière ayant pointé son nez, on a assisté à la résurgence d’un vieux refrain bien maîtrisé au parti socialiste : « A gauche toute ! ». En clair, durant les tièdes moments de présentation des motions, la méthode était à « plus gauchira son discours que ses concurrents » !
Ségolène Royal qui avait pourtant vanté pendant la campagne présidentielle les social-démocraties de l’Europe du Nord, trouve, « opportunément » que c’est un modèle périmé. Admettons ! (Quand bien même je considère qu’elle a tort en tenant de pareils propos. La social-démocratie traditionnelle doit plutôt se rénover et proposer d’autres voies et moyens pour circonscrire et régler les difficultés sociales, sociétales, économiques, etc...) . Alors quel modèle propose-t-elle pour suppléer cette carence ? Elle qui, forte de ses 29 %, et certainement et évidemment légitime pour être 1er secrétaire, sur quelle doctrine compte-elle rassembler les autres motions ?
D’aucuns avaient été jusqu’à proposer la nationalisation d’EDF. L’idée séduit. Mais à quel cours l’Etat devrait-il acheter (nationaliser) les actions EDF sans courir le risque d’effectuer une moins-value ? Au prix du marché ? A un prix fixé autoritairement au risque de décourager les investisseurs ? Ça on ne l’a pas expliqué aux militants. On ne leur a pas dit que la recherche sur le nucléaire (traitement et déchets) nécessite beaucoup de moyens que l’Etat ne peut déployer seul, sans l’apport des investisseurs ! Faiblesse du pouvoir d’achat aidant, sinistrose due à la crise, peur panique de l’avenir, on a fait gober aux militants des vieilles lubies, histoire de capter leurs suffrages. Mais le drame, ce sera encore l’immobilisme ; l’absence de clarté idéologique, des combinaisons d’hier (on le voit déjà avec l’appel au rassemblement !) qui ont montré leur vacuité, leurs limites ; un(e) premier (e) Secrétaire « choisi (e)» et non réellement élu(e), incapable d’asseoir une véritable autorité.
Bienvenue au PS où l’on semble se battre, à quelques exceptions près, non pour des idées, des convictions profondes, mais pour des petites musiques personnelles.
Il faut remonter au funeste congrès de rennes en 1990 pour retrouver un pareil éclatement du PS.
Le congrès de Reims était censé déclencher une refondation idéologique. Au contraire, il n’a fait que raviver les ambitions. Aller intéresser l’opinion et même les militants avec ça !!Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ces deniers se sont faiblement mobilisés le 06 Novembre !(55 % de participation pour un congrès qualifié d’importantissisme, c’est archi peu !)
Dans un parti où on trouve des divergences mineures entre les trois motions arrivées en tête, (normal, elles ont appartenu aux majorités qui dirigé le PS pendant plus d’une quinzaine d’années !), ce sont les personnalités qui font figure de point d’ancrage. On supporte Ségolène parce que c’est Ségolène et non pour ses idées !!Idem pour Bertrand, Martine ou Benoît !! Exit donc la rénovation idéologique susceptible d’intéresser le profane ou le militant, qui, par crédulité excessive, s’est fait avoir par des leaders qui lui ont proposé ce qu’il a voulu entendre !
En réalité, le congrès de Reims ne sera qu’un drôle de casting qui ôte tout suspense , en prônant un rassemblement ou une synthèse qui ne dit pas son nom, un patchwork, une gestion des ambitions et surtout la défense des acquis. Congrès du Mans, bis repetita ?
Franchement, en pleine crise financière, économique, sociale, peut-on imaginer que les socialistes fassent un « congrès-référendum » entérinant ou non une alliance avec le modem ? Est-ce là l’urgence ? Est-ce là l’essentiel ? Sont-ils devenus fous ou suicidaires, les socialistes ?
Enfin, pour donner un large écho à ce fameux congrès de Reims, il serait intéressant que les véritables décisions soient prises au plus tard le 14 Novembre, car à partir du 15, le téléprésident Nicolas Sarkozy, volera la vedette aux socialistes puisqu’il sera aux Etats-Unis dans le cadre du G 20 pour sa « mission » de moralisation du capitalisme financier.
Entre nous, le PS est-il condamné à rester inaudible ?