"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
« Il était une fois, le parti socialiste », tel pourrait être le début d’un récit vantant ou narguant l’épopée d’un parti à la dérive ou en plein déclin ! Cette histoire pourrait bien commencer au congrès de Reims, ou ce soir, lors du dépôt des motions, ou un jour…Si nul oracle ou marabout mal fagoté de Barbès ne s’y sont encore penchés, les faits, au moins, nous prédisent un risque de cataclysme pouvant nuire à Solférino. Les faits, chers amis, rien que les faits !
► Faisons un tour en Afghanistan :
« Les socialistes ont voté contre le maintien des troupes françaises en Afghanistan pour souligner l'impasse de la stratégie de Nicolas Sarkozy qui mène à l'enlisement », a déclaré hier, François Hollande.
Pour ma part, il s’agit d’un vote impulsif et compassionnel dénué de tout sens de la réalité du terrain. Quand bien même, je partage la tristesse, le chagrin ou l’amertume des parents des soldats disparus, le bons sens doit toujours prévaloir !
Certes, Nicolas Sarkozy a été « le caniche de Bush » sur certains sujets. Mais Bagdad n’est pas Kaboul. Le pays qui ne mérite aucune tergiversation, c’est bien l’Afghanistan. Un Afghanistan déstabilisé et occupé par les talibans est une grave menace pour le Pakistan nucléaire ; une menace qui pourrait avoir des retombées graves sur l’Inde, dotée aussi de l’arme nucléaire ! La stabilité du monde se joue dans cette zone du globe !
Les socialistes ont proposé une stratégie de développement en Afghanistan. L’intention est louable mais inopportune en ces temps d’instabilité. Par moment, elle frise l’amateurisme ! L’Afghanistan est encore en plein conflit et pour l’instant il est impossible de mettre en place toute stratégie basée sur la construction des infrastructures de santé, d’éducation ou de transports !En l’absence de stabilité, de sécurité et de confiance, aucune stratégie de développement n’est envisageable dans l’immédiat en Afghanistan! Il ne faut surtout pas se tromper d’étapes. Voter oui pour le maintien des troupes françaises en Afghanistan ne signifie pas être complice de la majorité ou être va-t-en guerre ! Mais voter Non, juste parce qu’on est dans l’opposition ou parce qu’on veut aller dans le même sens que les sondages, c’est faire preuve de cécité ! Partir précipitamment de l’Afghanistan aurait été le signe le plus désastreux que la France enverrait à l’humanité ! Quand bien même, il faudrait partir un jour… ! La complexité du monde ne mérite pas une telle légèreté !
A entendre, le discours de Jean-Marc Ayrault sur l’Afghanistan à l’Assemblée Nationale, je remarque avec amertume que les socialistes ont raté l’occasion de se montrer à la hauteur des enjeux de certains conflits internationaux. Quand le flou suscite l’embarras, on se demande ce qui va se passer à Reims.
► Et si on allait à Reims ?
Prenez garde ! Le chemin qui mène à Reims est semé d’embûches.
Sauf coup de théâtre, le « Conseil national ad hoc » du PS qui se réunit aujourd’hui devrait officialiser la fracture de la majorité sortante en trois blocs (Aubry, Delanoë, Royal et peut-être Moscovici s’il décide d’aller seul !) en compétition pour la succession de François Hollande ; une situation périlleuse à quelques jours du Congrès de Reims.
Le risque immédiat de ce morcellement est certainement une absence de majorité. Les alliances subtiles ou les combinaisons fragiles et tactiques ne font une majorité. Elles créent juste des communautés d’intérêts temporaires. Dans ce cas, nous aurons devant nous un parti fracturé, divisé, incapable de dégager une majorité claire, forte et cohérente. En clair, un parti qui offre des conditions idéales pour un second quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Cette situation regrettable laisse infuser l’idée pernicieuse que le PS, malgré ses succès aux élections locales, n'apparaît pas comme porteur d'un projet d'alternative crédible à Sarkozy, laissant ainsi le terrain de l'opposition au trotskiste Olivier Besancenot et au centriste François Bayrou. Voyez-vous comment l’impasse au PS, (alors même qu’il a proposé des solutions contre l’inflation, le déficit, la crise financière…), donne du crédit à des gens qui n’attendent que sa mort prochaine ?
Le nombrilisme, l’égotisme et la division rendent les socialistes impuissants et inaudibles. Qui aurait envie de faire confiance à des gens qui mettent en avant leur personne au détriment du parti ?
Quatre grands textes sont, pour l'heure, sur la table, émanant du maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par François Hollande, de Ségolène Royal appuyée notamment par le maire de Lyon Gérard Collomb (la ligne claire), de Martine Aubry avec les fabiusiens et des Strauss-kahniens, et enfin de Benoît Hamon/Henri Emmanuelli/Mélenchon, fédérant l'aile gauche du parti. Peut-être aussi celui de Moscovici, qui peut se sentir trahi par les siens. A trop déplorer le mariage de la carpe et du lapin, même avec bon sens, on risque de se retrouve en Solo.
En tous cas, Il faudrait être un marabout reconnu pour prédire quelle motion arrivera en tête le 6 novembre à l'issue du vote des militants qui seront, selon un décompte du PS, 232.781 "votants potentiels". D’ailleurs, ça sert à quoi d’arriver en tête quand on n’est pas majoritaire ? A rien, car aucune ligne cohérente ne se dégagera et rebelote l’ingouvernabilité du PS !
Il est quand même navrant de voir des gens qui disent vraisemblablement la même chose se refugier derrière des motions artificielles ! Au Mans, ils étaient ensemble, à Reims, pour des raisons égotiques et non idéologiques, ils y vont diviser ! Tout ceci n’a aucun sens !
J’exhorte vivement les militants socialistes à ne signer aucune motion tant que les conditions d’une majorité claire et cohérente ne seront pas réunies. Un processus de destruction voire de désintégration du parti socialiste en cours. Il est hors de question d’en être complice ! Et si c’était le début de l’apocalypse pour les socialistes ?