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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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LE BOURBIER SOCIALISTE

Mon ami Gautier L. était enthousiaste à l’idée d’aller à l’université d’été de la Rochelle. S’il n’y avait pas renoncé au dernier moment pour des raisons louables, il aurait pu assister en « live » à la guerre des tranchées, au positionnement tristement tactique des responsables socialistes. Leur division, leur égo et leur orgueil ont été d’une telle acuité que je me demande : « De quoi le socialisme démocratique est-il le nom » ?

 

Qu’est-ce qu’il doit être dur pour certains militants de se revendiquer pleinement socialistes sans penser au spectacle affligeant qu’offrent leurs responsables ! Ils étaient des reconstructeurs, disaient-ils, avant la Rochelle. Maintenant, il semble plutôt facile de les baptiser « les destructeurs ».

 

Le PS est malade de ses responsables, de ses courants artificiels, des petits calculs mesquins, des « combinazzione » à la sicilienne. Nombre de ses dirigeants se croient en haut de l’affiche. Pis, ils pensent tous qu’ils ont rendez-vous avec l’histoire ! Mais l’histoire qu’ils risquent d’écrire, indépendamment des séquelles laissées au congrès de Rennes, pourrait signer un coup d’arrêt non seulement à nombre de leurs ambitions, mais également à celles du parti.

 

Certes, il est difficile de constituer une motion centrale et majoritaire avec des personnes de sensibilités différentes. Mais il n’en reste pas moins que la recherche des convergences doit être l’objectif principal et non des viles et vaines querelles de personnes. C’est la condition sine qua non pour bâtir une ligne politique claire et idéale au rassemblement. A défaut, ce sont l’illisibilité et le désordre qui guetteraient le PS ; et je ne crois pas que les français puissent être en mesure de confier leurs espoirs entre les mains d’un tel machin !

 

Le PS ne sera jamais l’œuvre d’une ambition individuelle. Malgré toutes les qualités que pourrait avoir tel ou tel leader, tout ne pourra être entrepris que dans une logique collective. Ce n’est pas une gageure, mais un devoir !

 

Le PS, pour être en mesure, d’apporter des réponses sérieuses à cette nouvelle ère de crise économique, financière et même de civilisation, doit retrouver en son sein une certaine sérénité pouvant lui conférer à l’extérieur, une certaine crédibilité.

 

Le Congrès de Reims doit être celui de la vérité, de la clarté et du choix assumé. Il ne doit pas être un « Mano à Mano » entre responsable de telle ou telle sensibilité ni un combat entre éléphants ou gladiateurs en manque de grandeur ! La seule grandeur qui vaille, c’est l’unité du parti autour d’un pôle central, majoritaire, crédible, respecté et capable de propulser le parti vers les lendemains glorieux.

 

Comme je l’ai souvent dit, il ne s’agit pas de pécher par consensus mou ou par frilosité intellectuelle en concoctant une majorité malléable et impotente. L’urgence doit être la quête d’une équipe majoritaire en cohérence avec les objectifs du parti et fidèle à ses valeurs. J’appelle toujours de mes vœux une équipe ad hoc, forcément transitoire, dirigée par un premier secrétaire doté d’un sens élevé du travail en commun, d’une rigueur intellectuelle insoupçonnable et d’une vision européenne ou internationale respectable.

 

Le Premier Secrétaire issu de Congrès de Reims ne doit pas être un présidentiable. Il doit être neutre d’une telle ambition, car c’est le gage d’un véritable travail collectif dépourvu de toute suspicion, de toute partialité et de toute mesquinerie. En cette qualité, il serait mieux à même de fédérer tous les courants, de travailler sereinement et intelligemment avec tous les candidats réels ou supposés aux élections de 2012. C’est celui par qui le PS évitera le clash et les manigances d’arrière-boutique. C’est celui qui fera revivre le travail intellectuel largement abandonné au PS. En clair, le Premier Secrétaire qui sera issu du congrès de Reims doit être un missionnaire. Sa légitimité et son autorité viendraient de sa capacité à être au-dessus de la mêlée et surtout à faire respecter la démocratie au sein du parti. Comme le disait Jean Jaurès, « le socialisme, c’est le maximum de démocratie ».

 

Etre Premier Secrétaire du PS, par ces temps d’instabilité, c’est d’accepter la responsabilité de faire taire les dissensions (il y aura toujours les divergences sur tel ou tel sujet !) puériles   et surtout de mettre le parti sur orbite pour 2011 (date de la désignation du candidat ou de la candidate).

 

Le futur premier secrétaire doit être celui qui par sa capacité managériale, sa foi en l’Europe, sa détermination,  fera fonctionner, de manière collégiale, sans aucune ambigüité sur son ambition, la nouvelle équipe dynamique qui sortirait de Reims.

 

Le nouveau credo du PS doit être : Les idées d’abord, les personnes après. En clair, il ne s’agit pas de tourner le dos aux fabiusiens parce qu’ils avaient voté non au référendum sur l’Europe en  2005, ni de négliger Hamon ou Mélenchon parce qu’ils sont trop à gauche, ni de snober Ségolène Royal parce qu’elle veut « flirter » avec François Bayrou ! Il faut surtout créer les conditions d’une réelle convergence de vue et d’esprit sur lesquelles l’on peut se rassembler et aller de l’avant.

 

Enfin, en l’état actuel des choses, quand j’entends Julien Dray, demander une coalition avec le Modem de François Bayrou, j’ai la faiblesse de croire que certains sont au PS, soit pour le fragiliser de l’intérieur, soit pour des raisons opportunistes ! Même si François Bayrou attaque souvent Sarkozy sur les erreurs de son gouvernement, son programme reste pour le moment un inconnu ! Il en est de même pour le PS, d’où d’ailleurs l’imminence de Reims pour clarifier les choses ! Comment parler de coalition quand on est en face d’inconnus ? Cette façon d’aborder les choses est irresponsable et inopportune !

Le PS doit d’abord chercher à gagner la bataille idéologique et occuper une place centrale sur l’échiquier politique avant de chercher à remodeler son alliance.

 

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G
Merci pour ta dédicace!<br /> J'ajouterai que la motion majoritaire doit garder sa cohérence propre et ne pas verser dans la synthèse molle, comme au Mans en 2005.<br /> Ainsi, un rapprochement entre fabiusiens, strauss-kahniens et les proches de Martine Aubry, ressemble fort au mariage de la carpe et du lapin, pour qui a un peu de mémoire... Le dépot d'une motion TSSED (Tout sauf Ségolène et Délanoé) ne peut constituer l'unique objectif du congrès de Reims, au risque de se ridiculiser (une fois de plus?) auprès des Français.
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N
Complètement d'accord avec toi.
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