"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
Souvenir, Souvenir ! L’échec de Ségolène Royal au second tour des élections présidentielles avait montré, avec acuité, l’incapacité programmatique du parti socialiste à susciter voire incarner l’espoir d’un monde nouveau.
Les éléphants, les lions, les gazelles, (bientôt les buffles, qui sait ?), etc.… sont montrés au créneau pour exposer un diagnostic du mal dont souffre le patient socialiste (PS). Pour un malade aussi célèbre que désespérant, il est de notoriété publique de proposer sa propre thérapie. Peu importent que les traitements proposés aient un drôle d’aspect communiste ou révolutionnaire, libéral ou social-démocrate, écologique ou utopique…, l’essentiel, c’est que le patient soit d’attaque pour le Congrès de Reims afin que la course au pouvoir personnel soit, comme toujours, ravivée.
Oui, il faut une ligne politique clairement identifiable au parti socialiste. Plus que jamais, eu égard à la crise des subprimes, au renchérissement du cours du brut, à la cherté de la vie, à la croissance atone, le socialisme démocratique reste, pour ce 21e siècle, une force et une nécessité indépassables permettant de consolider les fondements d’une politique solidaire.
Au Congrès de Reims, les contributeurs doivent avoir le courage d’opter pour le chemin social et économique apte à fournir de puissants leviers pour le retour de la gauche au pouvoir.
Il ne s’agit pas de pécher par consensus mou ou par frilosité intellectuelle en concoctant une majorité malléable et impotente. L’urgence doit être la quête d’une équipe majoritaire en cohérence avec les objectifs du parti et fidèle à ses valeurs. J’appelle de mes vœux une équipe ad hoc, forcément transitoire, dirigée par un premier secrétaire doté d’un sens élevé du travail en commun, d’une rigueur intellectuelle insoupçonnable et d’une vision européenne ou internationale respectable.
Les contributeurs doivent montrer que le parti socialiste n’est pas un parti conservateur obnubilé par la gestion de certains acquis. Ils doivent mettre en lumière sa face réformatrice, évidemment redistributrice et forcément moderne. Moderne, car l’investissement dans la recherche et les systèmes productifs doivent devenir une réalité.
La mondialisation n’est pas une fatalité. Elle peut même être une opportunité. Mais son versant fou et incontrôlable induit par le capitalisme financier doit obliger les contributeurs à relancer voire insister sur la mise en place concrète d’une ou plusieurs autorités de régulation nationales ou internationales (ou élargir ou renforcer les pouvoirs des autorités de régulation existantes) mieux à même de contrôler voire de corriger les effets désastreux d’un libéralisme économique de plus en plus carnassier. Sur ce point, la contribution des strauss-kahniens et des amis d'Arnaud Montebourg, semble apporter un début de réponse à cette préoccupation.
Pendant longtemps, certains ont reproché, à tort, à Jospin cette phrase : « L’Etat ne peut pas tout ». Je crois effectivement qu’il serait gravement illusoire de croire que l’Etat doit tout faire ou s’occuper de tout. L’initiative privée doit prendre sa part. D’ailleurs, elle doit être encouragée dans l’intérêt exclusif des citoyens/consommateurs. L’Etat, cependant, doit être un acteur stratégique en matière de développement économique et industriel.
L’inertie et la médiocrité intellectuelles ne doivent plus avoir cours au parti socialiste. Celui-ci doit renouer avec son idéal de mouvement qu’il entend incarner depuis sa création. Les contributeurs doivent alors insister sur la mise en place périodique des débats thématiques permettant d’actualiser et de nourrir certains sujets de société jusqu’à la désignation en 2011 du candidat et de la candidate aux élections présidentielles. Le parti socialiste doit être dans l’action, la réflexion et la solution.
L’éducation nationale, la recherche, la sécurité sociale professionnelle, la politique du logement, la politique de l’emploi des jeunes et le service public de la petite enfance doivent être érigés en priorités nationales.
Les contributeurs doivent éviter de transformer le parti socialiste en un fan club qui envoie son candidat « people » aux élections présidentielles.
Le parti socialiste ne peut pas se borner à partager la richesse produite par d’autres. Il doit aussi encourager à en produire et non acheter la paix sociale par des aides qui n’abrutissent qu’ils ne rendent service.
Le parti socialiste, en reconnaissant l’économie de marché doit aller plus loin dans le progressisme en évitant toute alliance contre nature et contre productive avec ses partenaires d’hier. Le PS, même si on peut discuter de son hégémonie, doit renoncer à ses vieilles manies communisantes. Tant que le PS ne s'intéressera qu'à la meilleure façon d'augmenter les impôts et de dépenser pour tout le monde... Sans parler des yeux doux au drapeau rouge et de l'internationale à la fin des dîners après la poire ou le cognac, il perdrait son âme. Entre contester et gérer, il est d’avis constant au PS que gérer dans l’intérêt des citoyens reste la bonne et unique méthode.
Enfin, que deviendrait un parti socialiste qui renoncerait à la lutte contre les inégalités et la discrimination ? Il y va de la cohésion sociale et de l’urgence impérieuse de mettre l’individu au cœur du système social et économique. Il est temps d’en finir au parti socialiste avec ces discours faussement compassionnels et hypocritement égalitaires alors que dans le même temps un conservatisme aussi débile qu’anachronique ferme la porte des élections à bon nombre de femmes et à des français d’origine immigrée.