"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
Comment va le PS ? Après sa défaite à la présidentielle, il a organisé quelques forums (même si certains sont passés inaperçus) et gagné les municipales et les cantonales.
C’est tout ? Non, sauf que c’est un parti où on y compte toujours plus de ténors que d’idées. Rien que le nombre éloquent de candidats officiels (et officieux) au poste de premier Secrétaire nous renseigne déjà sur l’ambiance et sur les acrobaties stratégiques en cours pour éliminer tel (le) ou tel(le) concurrent(e).
Durant le Congrès qui aura lieu en automne, le parti socialiste doit non seulement en finir avec son problème de leadership, mais également définir une nouvelle posture idéologique et régler la question cruciale des nouvelles alliances.
A écouter ce que raconte chaque ténor ou baron du PS, il semble que ce dernier s’apparente à une superposition de stratégies personnelles où chacun peut nouer les alliances qui l’arrangent en fonction des circonstances ou monter sa petite structure ou son mouvement en parallèle (Exemples : l’institut Edgar-Quintet créé récemment par Vincent Peillon, Désirs d’avenir qu’on ne présente plus, la Fondation Terra Nova de Olivier Ferrand….) !C’est le PS et ses succursales !!
Hier, m’assurait un vieux militant, c’étaient les courants qui structuraient le parti de François Mitterrand. Aujourd’hui, devenus de véritables écuries présidentielles, ils ne produisent presque plus aucun effort réflexif et préfèrent s’adonner à la tactique ; celle qui consiste à mettre l’autre en minorité ! Ainsi va le PS d’aujourd’hui, un parti où se pose la question d’autorité. L’indiscipline y est la chose la mieux en vogue. Le vote sur le traité de Lisbonne en a fait la démonstration évidente. Solferino a montré sa faiblesse lorsqu’il a laissé ses députés voter en toute conscience !!
Point de respect pour le Premier Secrétaire ! Trop gentil, trop mou ou trop unanimiste, ce François Hollande ; quand bien même on peut mettre à son crédit la quête de l’unité du parti !
Comme elle est loin l’époque où Pierre Joxe, alors Président du groupe parlementaire, refusait à ses camardes socialistes la liberté de vote sur un sujet aussi déterminant que l’abolition de la peine de mort au motif qu’il s’agissait là d’une question fondamentalement politique sur laquelle aucune transgression ne pouvait être tolérée.
Le parti socialiste, pour régler l’indiscipline qui y règne par moment, doit choisir, un leader crédible, dépourvu de toute ambition présidentielle pour 2012, doté d’une autorité légitime et capable de mettre chacun au travail. En clair, il s’agit de choisir à l’automne un Premier Secrétaire de transition doté d’une forte culture politique, d’une volonté managériale et capable de conduire une équipe. Tout ceci dans un but de conduire les débats dans un esprit collectif et sous l’autorité d’un véritable chef de file.
Quid des alliances ?
Le premier tour des élections présidentielles a montré que le parti socialiste ne peut plus rester fidèle à la stratégie d’Epinay. Ses partenaires traditionnels ne sont plus en mesure de l’aider pour constituer une majorité. Pour faire simple, certains ont pensé, à tort, qu’il suffisait juste de trouver un nouveau partenaire pour tout régler. On l’a vu avec le Modem où sans aucune plateforme programmatique certains ont appelé à une alliance maintenant et tout de suite !
L’idée d’une alliance ou d’une convergence avec le Modem est respectable, même envisageable, mais force est de souligner qu’on ne donne pas une réponse arithmétique à un problème politique. Il faut d’abord un diagnostic commun et proposer ensuite des moyens d’actions forts et convergents ! C’est le b-a Ba de toute proposition de partenariat.
Il appartient alors au parti socialiste, s’il veut revenir en haut de l’affiche au niveau national, de rénover voire d’actualiser complètement son offre politique.
Comme le disait Jaurès, « les socialistes doivent se commettre avec la société d’aujourd’hui et remettre en chantier l’examen du réel » !
Le parti socialiste peut, comme depuis plus d’une dizaine d’années, s’en tenir à son ambigüité ; mais il continuera alors à essuyer des revers au niveau national, faute d’une vision éclairée du monde et d’un programme en accord avec son temps. Ou, au contraire, tenter de rassembler autour de lui toute la gauche, et elle seule, mais cela ne peut se faire malheureusement que sur les positions de l’extrême gauche : Refus de l’Europe et de la mondialisation. C’est la défaite garantie. Il peut encore s’associer au Modem en se coupant des classes populaires (qui d’ailleurs se sont peu mobilisées pour les élections locales), ce qui lui fermerait aussi la porte de la victoire.
Pour espérer gouverner ce pays, le parti socialiste doit avoir le courage de se fixer une ambition en complète rupture avec ses perspectives actuelles : Accepter la mondialisation et la transformer en un atout au profit des plus fragiles.
Comme le disait Blum, dans son premier discours, « les socialistes doivent actualiser le programme traditionnel du socialisme » ! Ces propos audacieux de Léon Blum sont encore d’actualité et il est impérieux que les socialistes en tiennent compte pour élaborer leur programme !
Le Parti socialiste ne doit pas se limiter à ses succès au niveau local. Il lui faut se redonner un destin national !