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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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LA VICTOIRE EN CHANTANT!

Dans la foulée des succès du parti socialiste aux élections municipales et cantonales, Henri Emmanuelli avait appelé à la création d'un conseil des collectivités territoriales, qui regrouperait les collectivités de gauche. "Pour faire agir ces municipalités ensemble, ces conseils généraux ensemble, ces régions ensemble, on ne peut pas le faire par les ordres venus du parti d'en haut. Il faut créer une structure de réflexion à l'intérieur de laquelle on discute des sujets, et où on vote s'il le faut", avait estimé le député et président du conseil général des Landes, lors de l'émission "Questions d'info".

 

Avec vingt présidences de région sur vingt-deux, 55 conseils généraux sur 101 et la mairie des trois-quarts des grandes villes, organiser au sein du parti socialiste un puissant pouvoir local peut s’avérer être la moindre des choses. Mais est-ce nécessaire ?

 

Certes, la grande moisson d'élus réalisée lors des élections municipales et cantonales a annoncé l’urgence d’une réflexion sur la place des élus au sein du parti socialiste, souvent considéré comme un réseau ou un parti d’élus.

 

Il s’agit, non pas de leur accorder un statut  institutionnel, mais plutôt de faire entendre leur voix, porteuse d'un renouveau, d’une expérience proche de la réalité et d’une vision du terrain adéquate.

 

Pour y parvenir, est-il utile de mettre sur pied un conseil des territoires conformément au souhait émis par Henri Emmanuelli ?

 

Pour ma part, je n’en juge pas l’opportunité dans la mesure où il existe déjà des structures capables d’accueillir et de mettre en relief les idées et les doléances des élus. Je veux citer :

 

► L’Association des régions de France qui est une force de proposition pour l'ensemble des Régions auprès du Gouvernement, du Parlement et des grandes institutions européennes. Elle entretient des relations étroites avec les parlementaires afin que l'avis des Régions soit pris en compte dans les travaux législatifs. C’est  une instance de liaison et de représentation auprès de toutes les autres institutions et organisations de la vie économique et sociale, afin de développer avec elles des partenariats pouvant servir l'action publique à l'échelon régionale.

 

► L’Assemblée des départements de France qui représente, de manière pluraliste, tous les départements. Elle offre aux élus et aux techniciens départementaux les moyens de confronter leurs idées, d'échanger leurs expériences et d'arrêter des positions communes sur les grands dossiers nationaux.

 

► L’Association des maires de France qui rassemble les maires de communes de toutes tailles et de toutes sensibilités politiques, dégageant un réel consensus sur les valeurs de démocratie, de citoyenneté et de proximité qui fondent le socle de l’institution communale.

 

► L’Assemblée des communautés de France qui s'attache à promouvoir la coopération intercommunale, en participant activement à l'élaboration des lois, à la diffusion des pratiques locales et à l'appui technique des élus et techniciens communautaires. Elle contribue également aux grands débats sur l'organisation territoriale française, la réforme de la fiscalité locale et l'exercice des compétences décentralisées.

 

Il existe donc des cadres, des structures associatives sérieuses au sein desquelles les élus peuvent, en concertation avec le Gouvernement, le Parlement et l’Union Européenne, mettre en exergue leur force de propositions, leurs orientations, leur dynamisme et leur engagement au côté de leurs compatriotes.

 

A moins d’encourager une certaine forme de sectarisme, il serait assez imprudent d’encourager la création d’un conseil de territoires détenus par des élus de gauche car cela consisterait non seulement à snober les autres élus de droite ou de centre qui siègent dans les associations précitées , mais également à laisser germer l’idée pernicieuse  d’une cohabitation qui, en réalité, n’en est pas une !Qu’on ne s’y trompe pas !Les véritables pouvoirs sont à l’Elysée et à Matignon.

 

De même prétexter de la relative  cacophonie, après la vague rose de 2004,  qui avait régné parmi les régions présidées par le PS, notamment en matière de fiscalité et du risque d'éviter que des présidents de régions et de conseils généraux ou des maires de grandes villes négocient chacun de leur côté avec les ministères, à Paris, pour justifier de la nécessité de la création d’un Conseil des territoires ne tient pas la route.

 

Ce n’est pas parce que le fonctionnement de la  Fédération nationale des élus socialistes et républicains n’est pas satisfaisant qu’il faut la remplacer par une autre structure. Il conviendrait plutôt de la réaménager, d’en supprimer les carences et de réadapter son fonctionnement à l’aune des exigences actuelles et futures.

Le bon sens recommande qu’on partage le doute d’Arnaud Montebourg sur l’intérêt de créer un conseil des territoires. Si celui-ci considère, à juste titre, qu’ « il faut préserver la souveraineté des adhérents et s'ouvrir sur la société plutôt que de se replier sur ses bastions », je crains que le Conseil des territoires (structure a priori inutile) ne devienne un cadre supplémentaire  où se développeraient des affrontements quelques fois stériles entre courants.

 Comme quoi, l’ivresse de la victoire peut pousser à chanter faux ! La victoire en chantant….

 

 

 

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K
Mon très cher Hervé,<br /> <br /> Attention à ne pas tomber dans les travers "politiciens" ! Je lis tjs avec bcp d'intérêt tes articles, sans que cela est d'ailleurs un lien avec l'estime que je te porte. Ceci prouve, je pense, le sérieux et le crédit que je donne objectivement à tes propos, même si je ne suis pas toujours, partiellement ou totalement, d'accord. <br /> <br /> Mon commentaire ne visait pas du tout à imputer au PS la responsabilité de la défaite du Modem. Que tu veuilles effectuer un commentaire sur la stratégie du Modem est en soi totalement respectable (je n'ai d'ailleurs rien à y redire) mais il me semble qu'il est intellectuellement critiquable de prétendre ou de laisser sous-entendre que j'ai voulu imputer la défaite du Modem au PS ... d'où le fait que je t'interpelle car tu te caratérises dans tes divers engagements par ton honnêteté intellectuelle.<br /> <br /> J'ose espérer que le jour où j'en arriverais à mettre la défaite de mon camp sur le dos d'un autre n'arrivera jamais et que le cas échéant [il faut tout prévoir ...], je conserverai suffisamment de lucidité pour taire une analyse aussi ridicule. Me concernant, je n'ai aucun reproche à formuler sur l'attitude du PS à l'égard du Modem.<br /> <br /> Ma démarche s'apparente à 1 "droit de réponse" houleux mais sache que je ne suis pas guidé par un sentiment d'animosité.<br /> <br /> Au plaisir de te lire,<br /> Amicalement,<br /> Karim
Répondre
H
<br /> Mon cher Karim,<br /> <br /> Si mes propos ont semblé déformer ton "droit de réponse", saches alors que j'en veux à ma maladresse. Mon souci était de montrer les insuffisances de la stratégie de Modem et aussi confirmer<br /> l'instinct grégaire qui a conduit les français à certifier l'existence d'une bipolarisation de la vie politique. Mais, en toute objectivité, je crois que le courage de Bayrou et l'esprit de<br /> nouveauté qu'il entend incarner finiraient par payer si le parti socialiste ne sort pas de la stratégie d'Epinay et du combat des egos. En clair, le destin du modem et celui du PS sont étroitement<br /> lliés!!En tous cas François Bayrou n'hésiterait pas une seconde à porter l'estocade au PS et ce dernier se parera toujours de toutes les garanties pour le réduire à sa petite existence!L'avenir<br /> nous réserve donc de véritables surprises. Bien à toi, mon cher Karim.<br /> <br /> <br />
K
Après chaque victoire du PS, ce qui est assez rare ces dernières années j'en conviens, ses dirigeants déclarent que les socialistes vont plancher sur un projet ou un programme d'alternance pour la France. Hallucinant !!!!!<br /> <br /> L'idée même que le PS élabore son programme une fois la victoire acquise interpelle sur sa capacité à proposer une alternative crédible (ce qui d'autant plus dramatique étant donné la politique du gouvernement Fillon) : en effet, cela signifie ni + ni - que le PS a concouru à des élections sans préparer la victoire (et l'après victoire) et se trouve donc condamné à improviser une fois aux responsabilités ... hallucinant, non !???<br /> <br /> D'autre part, espérer une victoire sans se présenter avec un programme digne de ce nom interpelle sur la stratégie développée par les dirigeants du PS : ce n'est ni + ni - qu'attendre d'être élus sur un vote sanction du gouvernement en place et non un vote d'adhésion. Hallucinant disais-je ... mais que fait-on d'un vote sanction ? Rien ! <br /> <br /> HALLUCINANT ! Cela n'aurait d'incidences que sur le PS, je m'en ficherais ... pourquoi prétendre le contraire ! Mais je m'inquiète du pluralisme politique dans ce pays et sans un parti d'opposition digne de ce nom (je pense évidemment au PS, même si je suis du Modem), il y a danger ! Ne constatons nous pas la médiocrité grandissante qui touche la vie politique nationale !?<br /> <br /> PS : les fameux éléphants et/ou barons du PS feraient mieux de se "déchirer" en public ... les Français haîssent les ambitieux tout en les respectant mais haîssent sans complaisance les comploteurs à la petite semaine.
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H
<br /> Cher  Karim,<br /> <br /> Je comprends certainement ton amertume puisque le Modem a perdu gravement les élections municipales et cantonales!Cet échec est imputable non à un PS certes convalescent idéologiquement, mais<br /> plutôt à l'impasse stratégique proposée par François Bayrou!Si je respecte la détermination et la pugnacité de ce dernier, il n'en reste pas moins qu'il a commis une erreur grave en pensant<br /> capitaliser sur le ni-ni qu'il clame par-ci et par-là.<br /> Ces élections locales avaient certes un arrière-goût national, mais il n'en reste pas moins que si la sanction, plutôt que l'adhésion, a été au rendez-vous, c'est que la bipolarisation de la vie<br /> politique est encore présente dans l'inconscient collectif des français!Sans oublier  qu'il y avait aussi des maires, tout bord confondu, qui avaient de bons bilans.<br /> Là où je te rejoindrais, c'est qu'il y aura danger de la vie politique lorsqu'un parti, sans aucun projet sérieux, gagne les élections nationales uniquement par rejet de l'autre camp!!Sauf<br /> que pour l'instant, on en est encore qu'aux élections locales!!!Rien que le local, mon cher Karim!!Y a pas encore péril en la demeure!!D'ailleurs le PS ne peut penser gagner les élections<br /> nationales sans proposer un projet alternatif et crédible!!2007 n'est pas loin et est toujours dans les esprits.........<br /> <br /> <br />
J
"L'ivresse de la victoire": C'est vrai que les socialistes doivent être ivres pour proposer un conseil des territoires. Toujours entrain de créer des structures dans ce pays.C'est un mal français, pas seulement socialiste.Attendons patiemment ce qu'ils vont créer pour choisir leur chef. Bien, votre article.j'approuve 100%
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