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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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UNE CAMPAGNE ELECTORALE AMORPHE…

Il semble un peu vrai de dire que, prise dans son ensemble, la campagne en vue des élections régionales de dimanche a suscité un faible intérêt. Même entamant sa dernière semaine, elle semble n'avoir toujours pas démarré. Hormis celle sur la fiscalité locale, qui a tourné court, aucune thématique transversale, relative à l'emploi, aux transports, à la sécurité, n'a encore vraiment émergé dans le débat national.

 

Que retient-on aujourd'hui de cette campagne des régionales 2010 ?  L'appel récurrent et peu novateur à sanctionner Nicolas Sarkozy ?  Les misérables « affaires » Frèche et Soumaré ? Assurément, le pire spectacle que le monde politique ait donné depuis des années... Le constat vaut d'être nuancé car il y a eu, en réalité, deux campagnes.

 

Une campagne régionale réussie, dont la qualité a été assez peu perçue à Paris, mais bien relayée par la presse locale, centrée sur les projets des candidats et les attentes de leurs électeurs, par exemple sur les nouvelles lignes à grande vitesse.  Et une campagne nationale ratée, qui a tourné à vide. Le miroir inversé de 2004. Bien sûr, le désintérêt pour les régionales tient au caractère particulier de cette élection. Il est difficile de mobiliser les citoyens autour d'exécutifs régionaux dont les compétences sont à la fois mal identifiées et instables, dont les dirigeants sont mal connus.

 

Quand, de surcroît, l'ampleur de la crise appelle des solutions supranationales, des régulations internationales, l'échelon régional peut à bon droit ne pas paraître à la hauteur des enjeux. A fortiori lorsque, via la réforme de la taxe professionnelle, une recentralisation fiscale est engagée.

 

A ces facteurs structurels de désaffection s'ajoute une nouvelle manière de faire et de traiter la politique. La première vraie campagne de l'ère Twitter s'est souvent réduite à sa plus simple expression. Paroles tronquées, photos volées : hors du contrôle habituel des journalistes, tout a été bon à jeter sur Internet pourvu que cela fasse du « buzz ».  Qu'importe le message s'il est entendu...

 

La responsabilité de cette politique du vacarme est partagée. Distancée dans la course à l'information, une certaine presse politique, plutôt que de courir après les sujets qui préoccupent les Français, s'est contentée d'entretenir, des jours durant, d'indigentes polémiques n'intéressant qu'elle et une communauté d'internautes.  Le bruit de surface a étouffé tout bruit de fond. Restent quelques jours pour éviter que cette campagne ne fasse qu'un vainqueur, les 14 et 21 mars : le désintérêt de la politique.

 

Enfin, sérieusement, les thématiques liées au développement économique, aux transports,  aux lycées et à l’apprentissage (domaines d’intervention des régions) méritent en dépit de cette campagne peu enthousiaste, une mobilisation massive des électeurs….Dites-le partout autour de vous…  

 

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