"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
D’aucuns pensent que Nicolas Sarkozy est un président dont le sort est scellé et qu'il ne pourra pas s’en sortir d'ici aux échéances de 2012 : Président impopulaire, Chef d’Etat dépassé par la crise, et dont le mandat aura été marqué par de nombreuses déceptions.
Si Sarkozy a peu de chances de gagner les présidentielles de 2012, les socialistes ont de grandes chances de les perdre s’ils ne se ressaisissent pas assez vite.
Depuis l’apparente unité affichée à la Rochelle, la volonté d’exister médiatiquement semble prendre le pas sur l’essentiel : un discours qui fasse rêver et qui donne envie de se déplacer pour les primaires et pour le projet socialiste.
Martine Aubry a réalisé son hold up médiatique en se rendant à Marseille pour y bousculer Claude Guéant sur la sécurité. Ainsi, joli coup médiatique, disent ses fervents supporters. Soit, mais à quel prix ? Est-elle montée dans les sondages ? En ces temps de crise financière, de chômage persistant, est-ce la priorité des français ? Qui en a parlé, à part ces mêmes journalistes en quête de scoop ! La sécurité est certes un élément indispensable à la tranquillité publique, mais la compétitivité et l’emploi restent des urgences sur lesquelles il ne doit avoir aucun répit.
De même, s’agissant de l'affaire DSK, elle avait estimé partager l'avis de "beaucoup de femmes" sur l'"attitude" de l'ex-directeur général du FMI à leur égard. Est-ce un abus de langage ou encore un coup de politique à l’endroit des femmes ? Si Martine Aubry a su pendant longtemps se montrer bonne et franche camarade vis-à-vis de DSK, ses propos pourraient lui coûter quelques voix des aficionados de ce dernier.
Quant à Ségolène Royal, elle n’est pas en reste en matière de folie socialiste. Qu’espère-t-elle quand elle affirme dans le Figaro que « le point faible de François Hollande, c'est l'inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? ». Sur Martine Aubry, est-ce faire une bonne campagne des primaires quand elle assène que "sa seule expérience électorale, c'est une législative perdue en 2002" ?
Quand bien même les journalistes du Figaro auraient sorti les phrases de leur contexte, comme le dit Ségolène Royal, les attaques ad hominem sont-elles opportunes? N’est-ce pas ce qu’elle reprocha à certains socialistes lesquels, soi-disant, lui ont fait perdre les présidentielles de 2007 ?
ET même François Hollande s’y met. N’est-ce pas lui qui disait dans libé à propos de Martine Aubry, ceci : «Je suis la présidente de la sécurité. Demain, elle sera la présidente de l'éducation, de l'emploi, de l'environnement. ». Ces petites phrases sont-elles utiles à la nécessité démocratique inspirée par les primaires ?
Après avoir affiché une image d'homme responsable et rigoureux, François Hollande est entrain de détonner par sa nouvelle proposition. Il a promis qu'il recréerait en 5 ans les «60.000 à 70.000» postes supprimés dans l'Éducation nationale depuis 2007, s'il était élu à l'Élysée en 2012 Une proposition étonnante pour celui qui avait taclé mi-juillet la proposition de Martine Aubry, d'augmenter le budget de la culture «de 30 à 50%» en cas de victoire de la gauche en mai prochain.
S’il ne fait aucun doute que l’éducation nationale manque de moyens, la situation de la dette imposera des arbitrages qui devraient empêcher de trop promettre….
Pendant que Martine, Ségolène et François s’écharpent par média ou journal interposé, qui parle de de Montebourg, de Valls ou de Baylet ?
Enfin, pour éviter que les primaires ne soient préemptés par des sondages ou des éditorialistes aux buts inavoués, il importe que les discours et les futurs débats soient articulés autour de ce qui fait sens dans ce monde en pleine tourmente : Compétitivité, égalité, chômage, dette, régulation et Europe. Ce n’est que de cette façon que l’on pourra dire aux français de venir voter.