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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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HOLLANDE EST-IL TOUJOURS DANS LA « NORMALITE » ?

 

Les résultats des élections municipales ont concrétisé une violente et triste défaite du parti socialiste. Des dizaines de villes conquises lors de la dernière décennie repassent dans le giron de la droite. A qui la faute ?Comment en sortir ? Une partie de la gauche et des Verts a déjà tranché. Il faut changer de politique et revenir aux fondamentaux du socialisme, disent-ils. Argument classique de lendemain de défaite électorale, qui ne peut résister à l'analyse des faits. Heureusement que les fondamentaux du socialisme ne méconnaissent pas le devoir de lucidité. On entend par-ci et par-là que François Hollande aurait déplacé le curseur à la droite du PS et que Valls serait en réalité un homme de droite à l'intérieur du PS!Que de contre-vérités ou du simplisme journalistique!Pour s'en convaincre, il peut être utilement rappelé que les missions confiées par François Hollande à Manuel Valls (même si j'entends bien que le choix de Valls n'emballe pas tous nos camarades de gauche) sont d’une coloration naturellement socialiste :

 

 

Relancer l'économie, notamment par l'application du « pacte de responsabilité », qui doit se se traduire par« moins de charges sur les entreprises et en particulier sur les bas salaires et, en contrepartie, plus d'embauches et plus d'investissement » ;

Garantir la « justice sociale », en annonçant « une diminution des impôts des Français d'ici 2017 et une baisse rapide des cotisations payées par les salariés » ;

Engager la « transition énergétique », afin que la France soit « moins dépendante du pétrole comme du tout-nucléaire ».

 

Le dérapage du déficit en 2013 (4,3 % du PIB) complique la tâche du gouvernement pour tenir ses engagements européens. Bruxelles table sur un déficit français qui s'élèverait encore à 4 % de PIB cette année et demande donc à la France de prendre des mesures d'urgence (entendez bien, austérité). D'autant que la France a déjà obtenu, en 2013, un report de deux ans pour revenir à 3 %. Mais François Hollande a indiqué hier soir que le plan de 50 milliards d'économies programmé pour 2015-2017 ne servirait pas qu'à réduire le déficit public. Il doit aussi permettre de réduire les impôts des ménages et baisser les cotisations salariales. « Je ne veux surtout pas fragiliser la croissance qui repart », a prévenu le chef de l’État, qui n'a d'ailleurs par cité le montant de 50 milliards évoqué en janvier.

 

Réduire les impôts des français et baisser les cotisations salariales ne sont-elles pas des mesures de gauche ?

 

A côté des économies, François Hollande entend clairement mettre en avant son pacte de responsabilité auprès de ses partenaires européens. « Le gouvernement aura aussi à convaincre l'Europe que cette contribution de la France à la compétitivité et à la croissance doit être prise en compte dans le respect de nos engagements », a-t-il poursuivi, laissant clairement entendre que le retour du déficit à 3 % risquait d'être à nouveau repoussé.

François Hollande demande ainsi à haute voix à Bruxelles (et à Berlin) de tenir compte de son effort de maîtrise de dépenses mais aussi des réformes structurelles pour la compétitivité. Un discours qui se rapproche de celui tenu par Matteo Renzi en Italie.

 

Demander une détente à Bruxelles afin de faire échec à l'austérité réclamée par la droite, n'est-ce pas une mesure de gauche ?

 

Faute de croissance, de compétitivité et d'emplois, ce ne sont pas seulement les prochaines élections que la majorité socialiste risquerait de perdre, c’est la France qui perdrait très vite son rang en Europe. Déjà, l’Italie, le Portugal ou les Pays-Bas voient leur déficit se réduire sensiblement, l’Allemagne s’offre le luxe d’accroître son excédent. Bref, peu importe l'étiquette « social-libérale » ou  « social-démocrate » qui, visiblement, n'a aucun sens face aux impératifs qui s'imposent : Relancer une croissance qui tourne au ralenti, mieux piloter nos finances publiques, muscler notre appareil productif et créer des emplois durables, annuler les incertitudes qui pèsent sur notre taux d'intérêt.  François Hollande en est justement conscient. Bien sûr que la conjoncture actuelle ne le rend pas populaire (mais est-ce grave pour l'instant?).Comme aurait dit Cicéron, « il ne faut pas abuser de la patience du peuple ». Mais, au moins, le gouvernement Valls, sous pression en termes de résultats, travaillera en connaissance de cause ; ce qui accentuera les chances de François Hollande de réussir, non pas dans la normalité qu'il avait préalablement proclamée, mais dans l'action. Il lui reste trois ans pour prouver que les Français ont eu tort de douter de lui.

 

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