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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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L’IMBROGLIO SECURITAIRE....

La France éprouve toujours autant de difficultés à traiter sereinement les questions de sécurité. Il faut dire que les plus hauts responsables politiques ne font rien pour clarifier le débat. On se souvient de Lionel Jospin tournant autour du pot et perdant la présidentielle de 2002 pour avoir voulu dissoudre naïvement l'insécurité dans un improbable concept de « sentiment » d'insécurité. De son côté, le président Sarkozy s'est rendu récemment à Nice pour ranimer la flamme de la lutte contre l'insécurité. Il a annoncé, comme il sait le faire (s’agissant de l’insécurité), sur un ton martial que l'on ne pouvait tolérer la montée de la violence dans notre société. Qui serait contre  un tel propos ?

Tout le monde a bien compris, en réalité, qu'il lançait ainsi la campagne des élections européennes sur ce thème si cher aux électeurs de la majorité. Mais personne n'a relevé que, peu de temps auparavant, la ministre de l'Intérieur, Mme Alliot-Marie, avait présenté le bilan de la délinquance au cours de l'an dernier et s'était vivement félicitée de la décrue de celle-ci. S'agissant précisément des violences faites aux personnes, elle soulignait qu'elles étaient en net recul, sauf les violences exercées à l'intérieur du cercle familial. Ce dernier point est évidemment regrettable mais son traitement ne relève en rien des coups de menton sécuritaires.

Ainsi, pendant que le président et la ministre tiennent des propos bien peu convergents, pour ne pas dire contradictoires, la réalité poursuit sa vie... dure ! La réalité est celle que l'on ne voit guère dans les statistiques mais que rapportent les maires de tous bords politiques : une situation paisible sur une majeure partie du territoire mais très difficile dans certains quartiers urbains défavorisés, rongés par le chômage des jeunes, la drogue, et les violences non déclarées qui s'ensuivent. La réalité est aussi celle que vient une nouvelle fois de décrire la Commission nationale de déontologie de la sécurité à propos de certains comportements des forces de police : un comportement assez bien encadré face aux grandes manifestations et aux affrontements violents qui les accompagnent parfois, mais des bavures à répétition lors de contrôles individuels, tel le cas de ce couple de soixante-dix ans, contraint de se dévêtir entièrement dans un commissariat de police avant d'être interrogé sur l'usage d'un chéquier. Ne pourrait-on donc parler sérieusement des problèmes de sécurité dans ce pays sans en faire un cirque électoral ? Pieuse pensée.

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