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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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LA PAIX PEUT-ELLE ETRE UN OBSTACLE A LA JUSTICE ?

La Cour pénale internationale de La Haye a lancé un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir, président du Soudan, pour la répression sanglante (environ 300.000 morts) qu'il a infligée à la révolte des populations du Darfour. Cette région d'interface entre un pouvoir arabo-musulman à Khartoum et des tribus africaines limitrophes du Tchad a été le terrain de massacres massifs considérés par certains comme un génocide. La CPI n'a évidemment pas retenu ce chef d'accusation, sans doute pour éviter la provocation. Elle a , pour l’instant,  enjoint le dictateur soudanais de venir s’expliquer sur ses agissements. C'est déjà trop : el-Béchir, en représailles, expulse une dizaine d'ONG de son territoire, oppose l'incompétence de la Cour dans son pays, défie le mandat d'arrêt international en annonçant qu'il ne se rendra pas moins à Doha fin mars pour une conférence.

Au sein de la communauté internationale, deux camps s’opposent selon un clivage connu d’avance. Les Occidentaux prennent acte de ce signe de justice et de refus de l'impunité sur un ton modéré qui déçoit leurs propres partisans des droits de l'homme. En face, la Ligue arabe, l'Union africaine, la Russie ou la Chine regrettent ou dénoncent, dans des registres divers, une décision qui « pourrait constituer une menace pour la paix ». Le principe de justice est ainsi opposé au principe de paix.

Mais les uns contestent que le premier donne le droit de se mêler des affaires des autres, les autres que la priorité donnée à la paix autorise à perpétrer des massacres tranquillement chez soi. La mondialisation des relations a au moins l'avantage de délayer dans un sabir de principes des conflits qui auraient en d'autres temps dégénéré en guerres incontrôlables. Il n'empêche que le secrétaire général de l'ONU, bien embarrassé, a appelé au moins Khartoum à assurer la sécurité des populations civiles et des personnels de son organisation face aux troubles qui s'annoncent.

Par ailleurs, aux Nations Unies,  la Chine a refusé d'approuver un texte demandant à Khartoum de revenir sur sa décision d’expulser les ONG, s'il n'exprimait pas en contrepartie la "préoccupation" du Conseil après l'émission du mandat d'arrêt contre M. Béchir.

Le chargé d'affaires libyen (c’est la Lybie qui assume ce mois-ci la présidence tournante du Conseil), Ibrahim Dabbashi, a indiqué avoir informé le Conseil de la décision conjointe de l'Union africaine (UA) et de la Ligue arabe d'envoyer une délégation de haut niveau à l'ONU, la semaine prochaine, afin de demander à nouveau au Conseil de sécurité de suspendre la procédure de la CPI contre M. Béchir, afin de ne pas compromettre le processus de paix au Soudan.

Le Conseil a en effet la possibilité d'agir ainsi en adoptant une résolution invoquant l'article 16 du Statut de Rome qui a créé la CPI. Mais les partisans d'un tel recours n'ont pas les neuf voix requises au Conseil de sécurité pour adopter une telle résolution, les pays occidentaux y étant opposés au nom de la lutte contre l'impunité.

Enfin, si l'on croit à la justice et à la paix, le scénario peut paraître décevant parce qu'il semble opposer l'une à l'autre. Les réalistes diront que, comme d'habitude, c'est le rapport des puissances qui fera le jugement. Mais, même avec ses limites, la justice de La Haye force au moins la lumière à l'intention de l'opinion internationale. Gageons que celle-ci existe réellement…

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A
Cher monsieur, je partage grandement votre analyse.
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H
"Commes tu causes bien" excepté quand tu parles d'Islam où là t es à côté de la plaque !
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