"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
Le Hollande bashing ou la haine dirigée contre le Chef de l’Etat sur le net est disproportionné en ce sens qu’il procède d’une terrible injustice. François Hollande a hérité d’un Etat lourdement endetté sans véritable marge de manœuvre.
Nulle intention de ma part d’alléger ses responsabilités face à la crise, mais il serait honnête de reconnaître qu’une ardoise de 600 milliards d’euros de dette contractée lors du précédent quinquennat reste une épée dans les reins du Gouvernement Ayrault. De même, demander au Président de la République de produire de résultats homériques au bout de 10 mois, même s’il a été élu pour apporter des solutions, relève d’une violente attente déconnectée de la profondeur de la crise. En même temps, il faut être fou pour ne pas comprendre la colère et la détresse de nombre de nos concitoyens déstabilisés par le chômage et la peur du lendemain. N’en déplaise à l’UMP qui feint la surprise alors que le « crime » est aussi de son fait ; n’en déplaisent à Mélenchon et à l’inénarrable Cherki, les colères mal contrôlées, les postures et autres invectives ne sont d’aucun secours aux graves difficultés découlant de la crise. Ça serait mentir aux français de leur faire miroiter une réalité illusoire alors que des efforts doivent être faits par tous afin de maintenir notre fameux modèle français.
Comment encourager le progrès et susciter l'espoir quand les usines ferment, quand l’on frôle la récession, quand notre balance commerciale déficitaire illustre notre faible compétitivité et que le chômage explose ? Voilà en substance, les équations auxquelles est confronté François Hollande…
François Hollande n’est certes pas resté bras ballants face à la crise ! On peut mettre à son crédit des instruments comme les emplois d’avenir, les contrats de génération, la mobilisation de la Banque publique d’investissements à l’endroit des PME, le crédit d’impôt compétitivité emploi en faveur des mêmes PME pourvoyeuses d’emplois dans notre pays, etc….
Loin d’être la panacée, ces mesures peuvent paraître insuffisantes pour contrer le chômage galopant dans notre pays. Mais il n’en reste pas moins qu’elles constituent des réactions d’urgence et d’appoint pour stopper l’hémorragie que connaissent nos territoires en termes de chômage induit par la désindustrialisation.
En attendant que ces mesures infusent et prennent effet grâce à une mobilisation offensive du Gouvernement, le combat pour la croissance n’est pas ignoré mais reste la priorité, le cap ou l’horizon à atteindre. François Hollande l’a rappelé à juste titre lors de son intervention. Sans croissance, point de salut en termes de créations d’emplois ! Sans croissance, point de réduction des déficits ! Sans croissance ni compétitivité, notre pays resterait une cible des agences de notation ; ce qui pourrait être un mauvais signal à l’endroit des investisseurs.
Cette crise est trop longue et peut de ce fait nourrir certaines frustrations. Mais la bataille renouvelée pour la croissance du Président de la république indique clairement qu’il y a un capitaine dans le navire et qu’il sait précisément où il va. Sans austérité aucune, il assume son indispensable sérieux budgétaire. Il a plaidé avec vigueur pour une réorientation de l'Europe, avec des mots justes : « Je ne ferai pas une politique qui mène l'Europe à l'austérité. L'austérité, c'est condamner l'Europe non pas à être en récession, mais à l'explosion. »
Il s’agit clairement d’un avertissement à Angela Merkel, surtout que le populisme semble de retour partout en Europe. François Hollande a très clairement dit qu'il n'atteindra pas la réduction du déficit à 3% cette année, en expliquant que cela risquait de compromettre tout espoir de reprise. A ce titre, il est encore dans son rôle, sa mission d’être le président de la croissance.
Même si François Hollande affiche un « cuir solide » et des « nerfs froids » face aux critiques, il a su démontrer que son objectif est de sortir notre pays de cette longue crise qui défie tout empirisme économique.
Sans conteste, le chemin pour y arriver est pavé de difficultés, chacun devra apporter sa propre contribution au nom de l’intérêt général et les différents ministres doivent véritablement monter au créneau pour expliquer avec pédagogie les différentes réformes en cours et à venir...L’action et la pédagogie ministérielle doivent précéder les interventions du Chef de l’Etat au risque de banaliser la parole présidentielle.