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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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L'AGENDA DU REDRESSEMENT : HOLLANDE VS SCHRÖDER

 

En réponse aux impatiences qui montent dans le pays, François Hollande a décidé, hier soir sur TF1, de reprendre la main. Le chef de l'Etat s'est inspiré, une fois encore, de François Mitterrand : il a expliqué aux Français que face aux difficultés du moment, il fallait « donner du temps au temps ». 

Mais il a fait évoluer son style que certains ont, à tort ou à raison, comparé à celui  de Nicolas Sarkozy. « J'accélère », a-t-il répondu, ferme et déterminé, à Claire Chazal, en se présentant comme « un président de combat » et en multipliant les annonces - sur la croissance révisée à la baisse, sur le sérieux budgétaire, sur le gel du barème de l'impôt sur le revenu. Le « je » présidentiel a remplacé le « nous » de la campagne. Une façon évidente pour le Chef de l’Etat d’endosser personnellement la stratégie du redressement.

 

Il y a un cap : les Français vivront mieux en 2017 qu'en 2012. Il y a un capitaine : le président de la République, ni « roi fainéant » ni « hyperprésident ». Il y a surtout un agenda : réforme du marché du travail dès 2013, inversion de la courbe du chômage dans un an, redressement des comptes publics d'ici à 2014, construction ensuite d'une « société solidaire ».


Avec cette feuille de route, François Hollande s'inspire très explicitement du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Au début des années 2000, le dirigeant allemand avait lancé son fameux « Agenda 2010 », un programme de réformes radicales du marché du travail et de la protection sociale, avec pour objectif une amélioration de la compétitivité du pays. Avec un chômage en baisse et une croissance qui résiste mieux qu'ailleurs, l'Allemagne tire aujourd'hui les bénéfices de cette stratégie.


Comme Schröder, Hollande veut donc rendre le marché du travail français « plus souple », tout en renforçant la sécurité des salariés. Il préconise, pour alléger le coût du travail, une réduction des charges qui pèsent sur les salaires. Et il demande aux partenaires sociaux d'imaginer, d'ici à la fin de l'année, des solutions qui soient « gagnant-gagnant ».


Le chef de l'Etat est, en effet, convaincu que, pour faire accepter des réformes radicales, il faut qu'elles soient justes et consensuelles, qu'elles aient fait l'objet d'une réelle concertation. Compte tenu de « la gravité exceptionnelle de la crise » l'agenda a le mérite d’être clair.

 

Courageux sur le plan budgétaire – le sérieux budgétaire est assumé-, le président le sera tout autant s'agissant de ces réformes-là. Schröder avait imposé à son pays des mesures impopulaires. Il avait tranché, personnellement. Il en a  certes payé le prix politique. Trois ans après le lancement de son « Agenda », il était sanctionné par les urnes. Mais François Hollande a pour sa part cinq ans pour y arriver. Il serait hâtif de lui demander de régler en cinq mois ce que ni Chirac ni Sarkozy n’ont su régler en dix ans de mandature.


Enfin, le redressement de la compétitivité française passe par de profondes réformes. François Hollande les a esquissées. A lui de les clarifier et de les mettre en œuvre. Avec fermeté et détermination…. Pour mieux réussir que  Schröder.

 

 

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