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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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CHRONIQUE D’UN COMBAT MORTEL ENTRE DEUX « BEBES CHIRAC »…

Dominique de Villepin clame volontiers que c'est lui qui a remis Nicolas Sarkozy dans le jeu politique, en 1997, alors que l'ancien ministre d'Edouard Balladur restait persona non grata au RPR, depuis la victoire de Jacques Chirac sur son ancien chef de gouvernement en 1995. L'anecdote a été largement confirmée depuis. Le secrétaire général de l'Elysée d'alors avait invité le maire de Neuilly à déjeuner, puis avait convaincu le couple Chirac de lui rouvrir leur porte. Pendant cinq ans, jusqu'à 2002, les relations entre les deux hommes restèrent correctes, marquées par un intérêt commun au modus vivendi : Nicolas Sarkozy pense encore que son ascension peut passer par Jacques Chirac. Il s'engage sans compter dans la campagne de 2002, espérant être nommé à Matignon, et ménage le plus proche collaborateur du chef de l'Etat ; Dominique de Villepin tente de se faire des alliés, lui dont les réseaux politiques sont ténus, surtout depuis qu'il a suggéré la dissolution de l'Assemblée, et pense parier sans risque sur cette personnalité affaiblie par la guerre Chirac-Balladur. Mais déjà dans cette parenthèse bénie de leurs relations, il est impossible de parler de proximité.

Micros éteints, les deux hommes expriment une distance, voire une méfiance de plus en plus grande, en utilisant curieusement le même argument pour se justifier : « Il est incontrôlable. » Le « petit Français de sang mêlé », et l'homme « bien né » ne se comprennent sur rien. A partir de 2002, l'incompréhension se mue en concurrence, puis en rivalité, puis en haine pure.

Lorsque Jacques Chirac ne le choisit pas pour Matignon en 2002 (il choisit Jean-Pierre Raffarin) et fait entrer Dominique de Villepin dans la cour des grands en le nommant au Quai d'Orsay, Nicolas Sarkozy comprend que le chef de l'Etat a choisi un autre dauphin, qu'il devra éliminer s'il veut monter un jour les marches de l'Elysée. Quant à Dominique de Villepin, il a de plus en plus de mal à cacher sa propre ambition (a fortiori lorsqu'il devient lui-même Premier ministre en mai 2005) et se pose comme le fils affectif et spirituel de Jacques Chirac. Dès lors, tout sujet est bon pour se démarquer l'un de l'autre : le modèle social, la discrimination positive, les banlieues… Jusqu'au bout, Dominique de Villepin essaie de résister à l'ascension de son rival, envisageant de se présenter lui-même à la présidentielle jusqu'en décembre 2006. Et, lorsque les dés sont jetés, c'est un mois seulement avant le scrutin qu'il se rallie au candidat UMP.

Le 6 mai 2007 aurait pu changer la donne. Nicolas Sarkozy est élu à 53 % président de la République, son adversaire est politiquement mort. Il n'en est rien. L'affaire Clearstream reste entre eux. Le chef de l'Etat demeure partie civile et Dominique de Villepin se pose en antisarkozyste, critiquant chaque point de sa politique, sans que l'on n’ignore évidemment pas ce qui les anime encore l'un et l'autre. 2012 bien-sûr, date de la prochaine élection présidentielle…

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