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"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.

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QUE PEUT-ON ESPERER DE LA PRESIDENCE FRANCAISE DE L'UNION EUROPEENNE?

 La France occupera la présidence tournante de l’Union pendant six mois à compter du 1er juillet 2008, succédant à la Slovénie.

 

Bernard Kouchner a considéré la Présidence française comme une possibilité de « réconcilier l’Europe avec les citoyens français ». « Il faut faire en sorte que les Français ressortent de ces six mois avec le sentiment que l’Europe peut faire plus pour eux, qu’elle peut incarner leur avenir et celui de leurs enfants », a-t-il déclaré, en annonçant que plusieurs conférences-débats prévues seraient organisées dans le pays pour donner la parole aux citoyens.

 

D’après une enquête Internet réalisée par Touteleurope.fr entre le 24 janvier et le 10 mars 2008, 63% des citoyens ne pensent pas que la présidence rapprochera l’Europe de la population française.

 

Nicolas Sarkozy entend faire de la lutte contre le changement climatique, l’immigration, la politique européenne en matière de défense, la réglementation financière et l’avenir de la politique agricole commune les priorités de sa présidence de l’UE.

 

Il ne fait aucun doute que l’immigration figure parmi les objectifs les plus houleux de la présidence française. Contrairement à Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux qui prônent un durcissement inopportun et disproportionné de la politique européenne en matière d’immigration, certains pays notamment l’Espagne misent plutôt sur une Europe ouverte et responsable via une Charte européenne commune sur l’immigration. Aussi semble-t-il opportun de rappeler qu’en matière d’immigration ou de fiscalité, c’est l’unanimité qui prévaut au niveau européen.

 

Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner entendent donc réconcilier l’Europe avec ses citoyens. Mais comme l’a rappelé à juste titre Lionel Jospin « réconcilier les peuples européens avec l'Europe, c'est peut-être ne pas oublier qu'elle a aussi une vocation sociale, notamment en ce qui concerne les services publics ».

 

Suite au lancement par le  Conseil européen  du deuxième cycle de la stratégie de Lisbonne renouvelée pour la croissance et l'emploi pour la période 2008-2010, à savoir le programme communautaire de Lisbonne (PCL),  celui-ci a  réaffirmé les quatre domaines prioritaires de la stratégie de Lisbonne renouvelée: investir dans la connaissance et l'innovation; libérer le potentiel des entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME); investir dans le capital humain et moderniser les marchés du travail; et se doter d'une économie à faible intensité carbonique et efficace sur le plan énergétique.

 

Même si les domaines prioritaires retenus par le Conseil européen sont salutaires, il serait injuste voire absurde que la présidence française en reste là sans appeler au renforcement de la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne. L’Europe ne peut pas se contenter de défendre des intérêts purement et strictement économiques. Elle doit, si elle cherche à être aimée et comprise des citoyens, mettre en lumière et dynamiser sa politique sociale.

 

Si Nicolas Sarkozy espère faire de la présidence française un atout décisif dans la construction d’une Europe sociale de marché, il doit faire des mesures comme la mise en place d’un salaire minimum européen, la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté, des objectifs plus que déterminants. Les intérêts sociaux et les intérêts économiques doivent évoluer de paire.

 

Même si un protocole sur les services d’intérêt général (souvent comparés au service public français) est déjà inclus dans le Traité de Lisbonne, la présidence française doit  donner une position claire et sécurisante sur le maintien et le développement des services publics. Elle doit susciter, encourager voire impulser la possibilité, la nécessité pour le droit communautaire de garantir la pluralité et la diversité des modèles nationaux de service public.

 

Comme l’a si bien rappelé, l’eurodéputé  Harlem Désir, « le renforcement de la dimension sociale de l'Union européenne devrait être au cœur des priorités de la Présidence française. A ce jour, c'est la grande absente, alors qu'une impulsion est attendue pour débloquer plusieurs directives essentielles (temps de travail, agences de travail intérimaires, comités d'entreprise européens) et pour relancer l'agenda social. La Présidence française sera jugée à l'aune de ses résultats sur ce plan. Je ne sais pas si le gouvernement en a pleinement conscience. »

 

Enfin, il serait illusoire de vouloir rapprocher l’Europe de ses citoyens sans rappeler et renforcer les fondamentaux d’ordre social nécessaires à sa cohésion. En Juillet, Nicolas Sarkozy devra rappeler l’urgence de la conciliation entre une Europe idéologiquement économique et une Europe nécessairement sociale.

 

 

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J
Perso, je n'espère rien.
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