"L'esprit né de la vérité a plus de puissance que la force des circonstances" Albert SCHWEITZER.
Concentrons-nous sur l’essentiel, c’est-à-dire la France, pays des Lumières (certes tous les philosophes des Lumières ne sont pas fréquentables), pays des Droits de l’Homme, mais aussi pays qui sait vendre des centrales nucléaires et des avions à la Lybie et à la Chine.
La Chine, Sarkozy y était. En bon VRP, le Président de la République a pu dégoter 20 milliards d’euros de contrats. Les industriels exultent, tout le monde est content ; même si la Chine ne représente actuellement que 3% de nos échanges avec l’étranger.
Circulez, il n’y a plus rien à voir !
Mais, les Droits de l’Homme, quand est-ce qu’on en parle ?
La France, forte des valeurs qui la fondent et qui la déterminent, doit arrêter de se comporter uniquement en acteur économique quand elle commerce avec des Etats où la question des Droits de l’homme est bafouée. Elle ne peut pas, dans sa quête de compétitivité ou de croissance, négliger le rappel au respect des droits fondamentaux lorsqu’ils sont piétinés chez ses partenaires commerciaux.
Certes, le commerce international est un antidote contre la guerre, mais il ne peut servir à légitimer certaines aberrations.
Sur la question de la peine de mort, Nicolas Sarkozy a estimé que la France n'avait pas de leçon à donner à la Chine pour n'avoir aboli la peine capitale qu'en 1981. Il ajoute : « Je ne vous demande pas de l'abolir complètement, mais d'accentuer le mouvement vers une suspension de l'exécution pour une catégorie croissante de crimes ».
Cette comparaison avec la France sur la peine capitale est ubuesque car si elle y est abolie depuis 1981 (26 ans aujourd’hui quand même !!), c’est parce que les français en l’occurrence, M. Badinter, ont réalisé l’inhumanité d’un tel châtiment.
Est-ce à dire parce qu’ils sont plus d’un milliard de chinois que quelques uns peuvent se faire exécuter facilement sans crainte de troubler l’ordre démographique mondial ?
Est-ce à dire que seules les Nations dites « civilisées » comme le rappelait Rama Yade dans son pamphlet « Noirs de France », méritent les Droits de l’homme ?
Quelque soit le pays, quelque soit le continent, Monsieur le Président, le combat contre la peine capitale doit être perpétuel. On peut vendre des avions à un partenaire commercial et le tacler fortement sur des dispositions humanitaires ! Angela Merkel ne s’était pas gênée de rappeler sérieusement aux autorités chinoises le respect des droits fondamentaux alors que son pays a plus de part de marché en Chine que la France !
Quand Ségolène Royal avait évoqué la "célérité" de la justice chinoise, la bien pensance l'a critiquée et exhibé sa soi-disant incompétence!Mais quand Sarkozy ménage ses hôtes chinois afin de vendre des avions, tout le monde est heureux! quel cynisme!
Par ailleurs, la recherche du point de croissance manquant au travers de la compétitivité ne saurait nous aveugler au point de sacrifier nos valeurs sur le terrain des échanges commerciaux !!
Chaque fois qu’il s’agit de donner espoir à des millions de gens dont les droits et libertés les plus élémentaires sont bafoués, la France, souvent sous les mandatures de droite, a toujours préféré l’esquive à l’action.
Que dire de Total en Birmanie ? Des petites dictatures (Tchad, Congo, Burkina Faso, Togo…) soutenues à bout de bras par l’ancien colon !!?
Désespérément, les Droits de l’homme semblent n’engager que ceux qui y croient !
Pour finir, Sarkozy a aussi réaffirmé clairement son opposition à l'indépendance de Taïwan, que la Chine considère comme une province. Mais, rappelons que le Burkina Faso, l’un des pays les pauvres du monde a reconnu Taïwan comme Etat et je ne crois pas qu’il en subisse les conséquences.
Sur des sujets fondamentaux (non pas que l’indépendance ou non de Taïwan soit un sujet mineur, puisque les taïwanais se prononceront pas référendum) où les Droits de l’Homme sont en souffrance, il revient à la France de tenir son rang mais aussi le flambeau.