Partager l'article ! ISLAM ET BANLIEUES : CACHE-SEXES DES PROBLEMES SOCIAUX: Occultée à tort par la crise économique, la problématique des banlieues populaire ...
Occultée à tort par la crise économique, la problématique des banlieues populaires et de la place de l'islam en France a soudain fait irruption avec les propos de Claude Guéant. Selon lui, « toutes les civilisations ne se valent pas ». Et de l'illustrer de deux exemples se rapportant au port du voile intégral et aux prières de rue le vendredi que Marine Le Pen avait, de façon pathétique, comparées à l'invasion nazie.
Derrière tout ce brouhaha médiatique savamment orchestré par Claude Guéant afin de nous éloigner, un tant soit peu, des vrais problèmes des français, c'est en réalité la question sociale refoulée qui, sous le voile de l'islam, fait son retour dans un débat central, celui de notre grand roman national, qui est le propre de l'élection présidentielle.
Pourquoi ce débat poussif est-il soudain aiguillonné par la référence à l'islam en France ? Parce que la méconnaissance de cette religion par bon nombre de ses procureurs doublée d’une certaine conception rigoriste dans sa pratique par quelques minoritaires d’obédience salafiste en rupture avec la République et ses valeurs communément partagées interrogent la fermeté de notre lien social et notre capacité intégratrice dans un contexte où le chômage est massif dans les banlieues populaires.
Lorsque la religion s’impose comme dernier rempart soudant les identités dans une zone urbaine sensible où la moitié des jeunes non scolarisés sont sans emploi, dans un environnement insalubre, lugubre et délabré, le discours politique ne peut se complaire dans une posture démagogique ou incantatoire. Il doit trouver des remèdes pour soigner le mal des banlieues et ainsi faire échec au communautarisme qu’elles engendrent contre leur gré.
Dans les communes enclavées de Seine-Saint-Denis (cf. les enquêtes de l’institut Montaigne en 2010 et 2011), là où le travail est devenu un luxe rare et insolent, où l'interaction avec la société globale est dépendante de nombreuses correspondances dans les transports en commun, se sont créés des enclos communautaires où l'exacerbation récente du halal le plus strict multiplie les interdits et tient les enfants à l'écart des cantines scolaires.
Ces mécanismes de défense et de survie communautaire développés en banlieue devraient interroger notre capacité à réinventer une nouvelle république sociale. Mais en amont, il faudra aux décideurs politiques d'avoir le courage de porter sur la France d'aujourd'hui, sur les failles sociales qui provoquent des clivages, et que l'inanité du débat politique traduit en antagonismes badigeonnés du vocable de culture ou de civilisation, le regard sans concession des sociologues qui connaissent réellement les banlieues et autres quartiers populaires.
Que les partis politiques s’assurent réellement que les quartiers populaires et les cités doivent être représentés par leurs habitants dans la prochaine législature (le parti socialiste, malgré un effort poussif, ne doit pas s’enorgueillir du nombre infinitésimal de candidats issus de la diversité susceptibles d’être élus aux législatives) ! Sans quoi les déplorations sur la montée des communautarismes et le clash des civilisations resteront des agitations stériles pour ne pas dire puériles.
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