Mardi 17 novembre 2009

« Je sais une chose de Ségolène Royal, c'est qu'avec elle, on ne peut jamais savoir ! » Cette boutade d'un dirigeant socialiste est une opinion qui semble malheureusement se répandre au sein du PS, dès lors que l'on s'éloigne du petit cercle des « aficionados » de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. Au lendemain de la « mauvaise querelle de Dijon », selon le mot de Pierre Moscovici, qui a vu la présidente du Poitou-Charentes s'inviter à un rassemblement politique auquel, elle n'était pas conviée (comme tous les prétendants socialistes pour 2012), son coup d'éclat la marginalise davantage, tout en éclaboussant le PS, qui se serait bien passé de ce nouveau psychodrame.

Au siège du PS, rue de Solferino, Ségolène Royal est de plus en plus perçue comme la femme par qui le malheur arrive. Depuis la rentrée, elle a ainsi pris le contre-pied de son parti en rejetant à la fois la taxe carbone et l'idée d'une contribution climat énergie (défendue par Martine Aubry). Puis, à l'occasion de la parution d'un ouvrage se faisant l'écho de tricheries supposées lors de l'élection de Martine Aubry au poste de première secrétaire, la présidente de Poitou-Charentes a sommé la maire de Lille de traduire les auteurs du livre en justice si les faits décrits étaient infirmés ou, au contraire, d'exclure les responsables des fraudes s'ils étaient avérés.

L'épisode tragicomique du week-end a été unanimement condamné au PS. Certains ont rejeté dos à dos les duettistes. C'est le cas de Pierre Moscovici. « Le mécontentement de Vincent Peillon […] se comprend, explique le député du Doubs sur son blog. Il aurait dû la banaliser. Sa colère a au contraire offert à l'ex-candidate l'occasion de se poser en victime, en s'étonnant, non sans fondement, d'être exclue d'un rassemblement de socialistes. » Si Manuel Valls estime que le moment d'organiser cette manifestation n'était peut-être pas opportun, il regrette également l'attitude de Ségolène Royal. « Elle ne construit pas, ne rassemble pas, et sème la zizanie », juge-t-il. La députée Aurélie Filippetti propose avec humour « de rétablir la fessée au Parti socialiste ».

A l'inverse, Jean-Louis Bianco, indéfectible soutien de la présidente de Poitou-Charentes, estime que « Ségolène avait toute sa place à Dijon, comme n'importe quel socialiste mais aussi pour avoir été celle qui a porté la première le projet qui est à l'origine de l'Espoir à Gauche ». Il ajoute même que, « si certains ont pu regretter que Ségolène Royal ne prenne pas toute sa place dans le courant jusqu'à aujourd'hui, nous ne pouvons que nous réjouir à présent qu'elle revienne sur ce terrain-là ».

Ce n'est pas l'avis, évidemment, de Vincent Peillon, qui ne se résout pas à ce que sa manifestation ait « été salie comme ça ». Il rappelle que non seulement Ségolène Royal n'était pas venue lors de la précédente grande manifestation de l'Espoir à gauche au mois d'août, mais qu'elle avait tancé ses proches qui y avaient participé. Il rappelle également que quelques semaines avant le Congrès de Reims « elle n'avait pas de motion, pas de courant ».

Vincent Peillon réunit ce soir quelques ténors de son courant au cours d'un dîner afin d'y voir plus clair. Il lui restera à lever une ambiguïté : comment s'émanciper tout à fait de Ségolène Royal, dès lors que ses proches (Jean-Louis Bianco, Guillaume Garrot, Gaétan Gorce…) continuent, coûte que coûte, d'entretenir un lien entre elle et l'Espoir à Gauche ? N’est-ce pas la même Ségolène qui vient d’annoncer l’éviction de Vincent Peillon de « son » courant ?

A la direction du PS, l’urgence est  de tourner la page. Les dirigeants du PS ont conscience que, si la séquence est plutôt positive depuis la rentrée, leur parti ressemble davantage à un malade en convalescence qu'à un champion en forme olympique. N’est-ce pas dans cette louable perspective qu’ils comptent  poursuivre  leurs attaques contre la réforme des collectivités territoriales et le collectif budgétaire ?

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Mardi 3 novembre 2009

Ah oui ! Le grand match ! Pour présider l'Union européenne, on assiste à « un choc de personnalités » comme la presse les adore. Une « pipolisation » caricaturale. Ce qui compte, n'est-ce pas, est d'avoir quelqu'un qui a « une stature internationale ». Qui a une belle et forte voix et un numéro de téléphone que Barack Obama puisse joindre quand, dans sa liste de contacts, il tape le nom « Europe ». Ensuite, n'est-ce pas, il est très important de savoir si ce candidat vient d'un « grand » pays parmi les Vingt-Sept ou d'un « petit ». Grosse différence de sensibilité et, surtout, de susceptibilité. Et nommer un Britannique ? Peut-on, même si son pays ne fait partie ni de l'eurosystème ni de l'espace Schengen ? Pourquoi ne pas désigner une femme ? Ca change tout les femmes. Bien sûr.

On ne voudrait pas gâcher ce passionnant spectacle mais, au fait, où est le programme ? Qui nous propose quoi ? Où sont les questions qu'il faudrait trancher ? Qui éclaire de sa vision du XXIsiècle ? L'heure est grave, au moment où chacun des 494 millions de citoyens européens sent bien que l'Union se délite à vitesse accélérée et qu'elle s'efface devant le directoire Etats-Unis-Chine, qui leur propose un vrai et complet schéma de réhabilitation de l'Europe et de l'idée communautaire ?

Pour répondre, on lira un formidable « mémo » écrit par l'institut Bruegel (www.bruegel.org) le 1er septembre sous la direction d'André Sapir. Que dit ce mémo ? D'abord, il rappelle, et cela fait du bien, que l'Europe depuis vingt-cinq ans a des réalisations dont elle peut être fière. Le marché unique et le traité de Maastricht avec Delors, l'euro avec Santer, l'élargissement avec Prodi et, peut-être, une initiative climat avec Barroso. L'Union, on l'oublie, a aussi une stratégie claire : s'occuper des défis de long terme, tandis que les gouvernements sont trop souvent étouffés par le court-termisme électoral.

Quels défis ? Ils sont majeurs : la place de l'Europe dans la globalisation quand la Chine et l'Inde « érodent son traditionnel avantage comparatif du capital humain » et viennent la concurrencer sur les technologies les plus avancées. Le vieillissement, avec ses conséquences sur le financement, sur la dette. L'immigration venant du Sud, la Turquie. La sécurité énergétique, le nucléaire, la politique russe. Enfin, et fondamentalement, le rôle de la diplomatie et du dialogue, du « soft power », qui est la marque de fabrique du Vieux Continent mais dont les résultats restent maigres.

Cette stratégie de long terme appelle des réponses structurelles que l'Union commençait à mettre en place suivant sa méthode du « pas à pas » : l'élargissement, la société d'innovation du traité de Lisbonne, les migrations, le climat. Mais, outre que cette marche en avant est pour le moins hésitante, la stratégie est elle-même remise en cause par la crise, s'alarment les auteurs de Bruegel. Et ce de deux façons.

D'abord, par l'émiettement. La crise a salement touché les économies de l'Est européen et a brisé leur élan de rattrapage. Au lieu de converger, les Vingt-Sept sont menacés de diverger, ce qui rendra de plus en plus difficile la recherche d'une politique économique d'ensemble cohérente. Plus lourdement encore, la crise a grossi durablement le chômage et creusé les déficits. Comment le modèle social européen va-t-il pouvoir survivre ?

Ensuite, par le nationalisme. Les exemples d'une renationalisation des politiques dans l'automobile, dans la banque et, cette semaine, dans l'agriculture se multiplient. La crise a montré, par exemple, le besoin d'une « supervision globale » des institutions financières mais cela s'avère impossible si chaque gouvernement se replie.

Pour écarter la menace d'un éclatement, pour retrouver une cohésion, l'Europe doit impérativement réinventer toutes ses politiques, à commencer par ses mécanismes de coordination économique. Mais bien au-delà de ce nécessaire resserrage des boulons, de cette préservation des acquis, l'Europe souffre d'un « désenchantement ». Elle est accusée, non sans raison, de n'avoir été que l'outil de la « libéralisation », alors que la crise en a montré les échecs. L'Union a besoin d'une « nouvelle narration » qui redonne de l'intérêt à vivre ensemble et de l'espoir. MM. Blair, Junker, Mme Robinson, on vous écoute. On est tout ouïe….

 

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : International
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Mercredi 28 octobre 2009

La planète entière devrait s'en féliciter. La Chine vient de confirmer l'accélération de sa croissance. Son PIB a bondi de 8,9 %, sur un an, au troisième trimestre. Ce qui permet à Pékin de réaffirmer son objectif de parvenir cette année à une croissance de 8 %. Avec les faibles signes de reprise aux Etats-Unis et en Europe, on pourrait avoir l'illusion de penser que le monde a tourné le dos à la pire récession qu'il a connue depuis la Grande Dépression des années 1930. Loin s'en faut pourtant.

Tout d'abord, le spectaculaire rebond de la production chinoise est dû presque exclusivement à l'énorme plan de stimulation décidé par Pékin pour empêcher la République populaire de sombrer à son tour dans la catastrophe. Ce plan est essentiellement à vocation intérieure. Les quelque 400 milliards d'euros de dépenses du gouvernement ont permis de lancer une politique de grands travaux avec la construction de routes et de centrales électriques, et de compenser partiellement la baisse des exportations chinoises. Mais ils n'ont que très faiblement contribué à la correction des déséquilibres économiques entre la Chine et le reste du monde. Américains et Européens continuent de redouter une invasion de produits chinois, toujours possible tant que le yuan est sous-évalué (dumping monétaire car l’euro semble fort).

Il est cependant illusoire de penser que la Chine  pourra, à elle seule, tirer l'économie mondiale de sa langueur. Elle est certes la troisième économie mondiale. Mais, à parité de pouvoir d'achat, elle ne représente encore que le tiers de l'économie américaine et, quand on ramène sa richesse produite au nombre d'habitants, elle ne représente que le quatorzième.

Comme l'Europe et l'Amérique, la Chine peut cependant faire plus.  Sa première responsabilité est d'encourager la consommation intérieure et de se doter d'une protection sociale qui la rapprocherait des standards européens. L'autre impératif est d'empêcher tout risque d'apparition de bulles financière ou immobilière que pourraient encourager les mesures de stimulation.

Car le véritable risque est l'excès d'optimisme. De voir une Chine, sûre d'avoir retrouvé le chemin de la reprise, renouer avec ses mauvaises habitudes d'avant la crise. Son histoire lui a montré les dangers de la précipitation. Elle sait que le « Grand Bond en avant » des années 1960 du président Mao s'est terminé par une catastrophe. Or, le monde a besoin d'elle….forcément besoin d’elle.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : International
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Mercredi 21 octobre 2009

Irresponsabilité financière :

Choquant et indécent. Les 140 milliards de dollars de bonus que s'apprêtent à verser en 2009 la communauté financière américaine, selon les calculs du « Wall Street Journal », sont moralement inacceptables. Quelques mois après avoir échappé à l'effondrement général par le seul apport des centaines de milliards de dollars injectés par la puissance publique, les financiers de Wall Street renouent sans état d'âme avec leurs bonnes vieilles habitudes. Ils font même mieux, si l'on ose dire, puisqu'ils seront moins nombreux à se partager un gâteau qui n'aura jamais été aussi gros. A 140 milliards de dollars, l'enveloppe des bonus promet d'être plus grosse que celle versée en 2007, l'année de tous les excès !

Le message est clair. Wall Street a refermé la parenthèse de la crise qu'elle a puissamment contribué à diffuser à travers le monde. Il s'agit là d'un véritable pied de nez à tous ceux qui militent pour une moralisation de la finance. Comment croire que le « casino banking » est mort, quand un an à peine après la faillite de Lehman Brothers, les traders vont de nouveau tenir le haut du pavé. Et dans ce domaine hautement symbolique, l'administration n'est pas exempte de tout reproche. On savait depuis longtemps que les seigneurs de Wall Street n'avaient pas l'intérêt général chevillé au corps. Mais le G20 de Pittsburgh n'a pas fait grand-chose pour les ramener à la raison. En écartant l'idée d'un plafonnement des bonus hors cas exceptionnel, les dirigeants présents, à commencer par les Américains, ont ouvert la voie à de nouveaux excès. La conjoncture a fait le reste. L'année 2009 restera en effet un millésime exceptionnel dans presque tous les compartiments de la banque de marché. Avec une locomotive, les marchés primaires. Privées de financement pendant plus de six mois pour cause de tempête financière, banques et entreprises ont multiplié les émissions d'actions et d'obligations depuis février dernier. Une véritable manne pour les intermédiaires survivants.

Alors faut-il se résigner à voir les traders flamber à nouveau ? A court terme sans doute, même si le versement des bonus 2009 sera étalé dans le temps et leur part de cash réduite. Le niveau des primes versées à la City sera à cet égard déterminant. A plus long terme, c'est moins sûr. Le prochain relèvement des exigences de fonds propres imposées aux banques de marché les obligera à revoir sensiblement à la baisse la rémunération de leurs équipes. Et 2009 n'aura alors été qu'un bouquet final. Un bouquet un peu cher à tout point de vue.

Injustice :

Le monde est vraiment  injuste. Vu du point de vue des industriels, le retour des méga-profits et des giga-bonus bancaires est terriblement dégoûtant. Après leur sauvetage grâce aux fonds publics, les banques, remises sur pied, profitent des taux très bas des banques centrales pour reconstituer leurs marges en augmentant le coût du crédit. Les pyromanes auraient dû être punis, ils sont récompensés.

La réalité est bien sûr plus complexe. L'automobile a, elle aussi, été secourue. La baisse de la taxe professionnelle aidera tous les industriels. Et le Fonds stratégique d'investissement, hier, comme les états généraux de l'industrie, demain, prouvent que le secteur secondaire n'est pas ignoré par la puissance publique.

Il n'en reste pas moins vrai que l'Etat semble loin de considérer que notre industrie soit aussi menacée que l'étaient les banques au début de la crise. Il y a pourtant urgence. Dans les nouvelles puissances industrielles, la production repart. En Europe, elle a pour l'instant simplement arrêté de chuter et les investissements restent gelés. Le risque est grand qu'en sortie de crise le tissu industriel ait tellement souffert que le redémarrage des commandes profite surtout à des usines délocalisées. Tout autant qu'au niveau de la France, c'est à celui de l'Union européenne qu'il serait temps d'adopter une véritable politique industrielle. Une politique favorisant l'innovation et l'écologie, mais luttant également contre le dumping monétaire (l’euro devient trop fort…), les aides publiques déguisées ou les producteurs pollueurs. Vaste chantier…

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Economique
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Jeudi 8 octobre 2009

La réalité des chiffres ne donne pas le blanc seing à un budget.  Certes, il n'y a aucune  raison de douter des comptes de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2010, qui ont été présentés ces derniers jours. Il y a, en revanche, de bonnes raisons de s'interroger sur la sincérité de la politique budgétaire à moyen terme. Ce ne sont pas les comptes de demain qui sont trompeurs, mais les mauvais comptes des jours d’après. Car la promesse de retour à l'équilibre des finances publiques repose sur une stratégie ronflante et inchangée depuis six ans. Pour résorber le déficit public, la majorité mise, depuis 2004, sur deux leviers : la croissance économique et la maîtrise des dépenses. Sans atteindre l'objectif de « déficit zéro » avant la fin de la décennie, cette politique a produit des résultats plus ou moins acceptables. De 4 % du PIB fin 2004, le déficit a été ramené jusqu'à 2008 sous la barre, autrefois fatidique, des 3 %.

Tenir la dépense pour redresser les comptes publics en profitant des recettes générées par la croissance : chacun à leur manière, Dominique de Villepin à Matignon et Nicolas Sarkozy à l'Elysée ont gardé cette démarche. Jusqu’à quand…. ?

A peine cueillis, les fruits de la croissance ont été consacrés à baisser les impôts plutôt que les déficits. En un an, la vague des déficits a plus que doublé de volume mais la stratégie pour la contenir, elle, n'a pas varié.

« Le gouvernement s'attache à poursuivre une stratégie consistant, d'une part, à favoriser le retour des recettes par la croissance, et non par l'augmentation d'impôt, et, d'autre part, à tenir les dépenses courantes », peut-on lire, ainsi, dans le document de présentation du projet de loi de Finances 2010. Christine Lagarde et Eric Woerth prétendent pouvoir ramener le déficit global à 5 % du PIB fin 2013 au moyen d'une croissance économique de 2,5 % à compter de 2011 et d'une stabilité de dépenses publiques dont le rythme ne devrait pas excéder 1 % en euros constants. C’est un leurre, une chimère. Elle repose sur des résultats et des calculs irréalistes. Il faut naturellement espérer que le plan de relance, le grand emprunt et la suppression de la taxe professionnelle vont créer, comme le dit François Fillon, un « choc de compétitivité ». Mais il faudrait que celui-ci soit particulièrement fort pour que l'économie croisse durablement au-dessus de 2,5 % l'an, performance qu'elle n'a atteint qu'une seule fois depuis le début de la décennie, en 2006.

Les dépenses publiques, elles, ont progressé de 2,2 % l'an en moyenne entre 2002 et 2007 et progressent encore dangereusement actuellement.

La seule maîtrise de la dépense n'est plus à la hauteur des défis. Même avec 2,5 % de croissance du PIB, elle ne permettrait de dégonfler le déficit de l'Etat que de 5 milliards d'euros par an. Comme la composante structurelle du déficit budgétaire frôle la cinquantaine de milliards d'euros, le résorber prendrait plus de temps que n'en laisserait l'envolée de la dette. Quant aux dépenses d'assurance-maladie et des retraites, le gouvernement envisage au mieux de les aligner sur la hausse de la richesse nationale, pas sur l'inflation, et cela n'empêche pas le trou de la Sécurité sociale de se creuser dramatiquement.

Laisser filer les déficits était une réponse nécessaire à la crise de l'économie, prétendre les résorber en se contentant de tenir la dépense est une réponse bancale voire insuffisante à la crise des finances publiques. Ce qui manque au budget 2010, c'est une stratégie crédible de redressement à moyen terme orientée sur la baisse des dépenses de l'Etat et des collectivités territoriales, de la suppression du bouclier fiscal et d’un léger relèvement (certes provisoires) des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et des capitaux mobiliers (stock-options, dividendes)… Tout ceci sans remise en cause de l’Etat providence.

Dur dur de bâtir un budget sincère….

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Economique
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Mercredi 30 septembre 2009

Le taux d'épargne des Français est monté en flèche au deuxième trimestre. Ce qui n’augure rien de bon pour la consommation et la croissance.


Malgré la baisse de l'inflation (passée en mai en territoire négatif)  qui a  permis au revenu disponible des ménages de croître de 1,1% sur ces trois mois, la consommation n'a progressé que de 0,2% sur la période et le surcroît de revenu s'est transformé en épargne.


Selon l'Insee, le taux d'épargne a grimpé à 16,7%, contre 16,0% au premier trimestre et une moyenne de 15,3% sur l'ensemble de 2008. Il faut remonter à 2002, quand il était à 16,9%, pour retrouver de tels niveaux.


Ce phénomène constitue un vrai danger pour les mois à venir.

 

Les français se sont constitué un matelas de sécurité car ils ne savent pas de quoi 2010 sera fait.

 

Avec l'inflation qui va repartir à la hausse et les destructions d'emplois qui vont se poursuivre, il n'y a pas lieu de penser que la consommation puisse résister indéfiniment.

 

La nette baisse de la consommation en juillet  et en août  constitue néanmoins  une première alerte. Il semble que ce soit le premier signal d’une épargne de précaution qui est entrain de se constituer suite aux dégâts provoqués par la crise.

 

L'augmentation du taux d'épargne peut s’analyser en un mouvement de panique ; d’où le fameux principe de précaution.

 

Si cette volonté d’épargne  de précaution devient plus importante, cela signifierait une chute de la consommation beaucoup plus importante en 2010.

 

Cette situation confirme que l'économie française a besoin de la confiance et de la consommation des ménages pour sortir de l’ornière.

 

Après avoir bénéficié de coups de pouce pendant la crise (baisse d'impôt sur le revenu, primes aux plus modestes), les ménages n'ont guère matière  à se rassurer ni à se réjouir, si ce n'est qu'ils échappent, pour l’instant, à un tour de vis fiscal, à l'inverse des contribuables espagnols, par exemple. En même temps, la flambée des impôts locaux, l'impopularité de la taxe carbone (dont le produit sera redistribué mais qui fera des gagnants et des perdants) ou encore la chasse, justifiée, à certaines niches fiscales et sociales ne sont pas de nature à apporter de la sérénité (ou la confiance) dans le cœur des français.

 

Enfin, avec un déficit budgétaire 2009 évalué à 140 milliards d’euros et un service  de la dette de  42,5 milliards d’euros, les français peuvent légitimement se demander à quand le retour d’une croissance forte pour relancer la machine.

 

Entre l’interrogation et le doute, il semble qu’ils aient plutôt opté pour l’inquiétude par l’épargne. Erreur ?

 

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Economique
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Lundi 21 septembre 2009

Dominique de Villepin clame volontiers que c'est lui qui a remis Nicolas Sarkozy dans le jeu politique, en 1997, alors que l'ancien ministre d'Edouard Balladur restait persona non grata au RPR, depuis la victoire de Jacques Chirac sur son ancien chef de gouvernement en 1995. L'anecdote a été largement confirmée depuis. Le secrétaire général de l'Elysée d'alors avait invité le maire de Neuilly à déjeuner, puis avait convaincu le couple Chirac de lui rouvrir leur porte. Pendant cinq ans, jusqu'à 2002, les relations entre les deux hommes restèrent correctes, marquées par un intérêt commun au modus vivendi : Nicolas Sarkozy pense encore que son ascension peut passer par Jacques Chirac. Il s'engage sans compter dans la campagne de 2002, espérant être nommé à Matignon, et ménage le plus proche collaborateur du chef de l'Etat ; Dominique de Villepin tente de se faire des alliés, lui dont les réseaux politiques sont ténus, surtout depuis qu'il a suggéré la dissolution de l'Assemblée, et pense parier sans risque sur cette personnalité affaiblie par la guerre Chirac-Balladur. Mais déjà dans cette parenthèse bénie de leurs relations, il est impossible de parler de proximité.

Micros éteints, les deux hommes expriment une distance, voire une méfiance de plus en plus grande, en utilisant curieusement le même argument pour se justifier : « Il est incontrôlable. » Le « petit Français de sang mêlé », et l'homme « bien né » ne se comprennent sur rien. A partir de 2002, l'incompréhension se mue en concurrence, puis en rivalité, puis en haine pure.

Lorsque Jacques Chirac ne le choisit pas pour Matignon en 2002 (il choisit Jean-Pierre Raffarin) et fait entrer Dominique de Villepin dans la cour des grands en le nommant au Quai d'Orsay, Nicolas Sarkozy comprend que le chef de l'Etat a choisi un autre dauphin, qu'il devra éliminer s'il veut monter un jour les marches de l'Elysée. Quant à Dominique de Villepin, il a de plus en plus de mal à cacher sa propre ambition (a fortiori lorsqu'il devient lui-même Premier ministre en mai 2005) et se pose comme le fils affectif et spirituel de Jacques Chirac. Dès lors, tout sujet est bon pour se démarquer l'un de l'autre : le modèle social, la discrimination positive, les banlieues… Jusqu'au bout, Dominique de Villepin essaie de résister à l'ascension de son rival, envisageant de se présenter lui-même à la présidentielle jusqu'en décembre 2006. Et, lorsque les dés sont jetés, c'est un mois seulement avant le scrutin qu'il se rallie au candidat UMP.

Le 6 mai 2007 aurait pu changer la donne. Nicolas Sarkozy est élu à 53 % président de la République, son adversaire est politiquement mort. Il n'en est rien. L'affaire Clearstream reste entre eux. Le chef de l'Etat demeure partie civile et Dominique de Villepin se pose en antisarkozyste, critiquant chaque point de sa politique, sans que l'on n’ignore évidemment pas ce qui les anime encore l'un et l'autre. 2012 bien-sûr, date de la prochaine élection présidentielle…

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Lundi 21 septembre 2009

Dysprosium, praséodyme, néodyme...… Leurs noms rappellent davantage les jurons du Capitaine Haddock que les visées prédatrices de la Chine communiste sur les richesses de la planète. Mais pour les industriels de l'automobile, de l'électronique ou des énergies vertes, ces métaux rares sont synonymes de ressources vitales. Sans eux, la production de voitures hybrides, d'ampoules basse consommation, d'iPod, d'ordinateurs portables ou même de certains missiles serait tout simplement compromise.

Si le risque de pénurie inquiète au plus haut point les grands pays industrialisés, ainsi que les états-majors de Toyota, Apple ou Boeing, c'est parce qu'un seul pays produit 95 % des métaux rares de la planète : la Chine. Et que ce pays ne retient des règles du commerce international que celles qui l'arrangent.

« Le Moyen-Orient a du pétrole, nous avons des métaux rares », avait dit Deng Xiaoping en 1992. Depuis, les autorités de Pékin ont donné tous les signes de leur volonté de contrôler le marché mondial de ces richesses, avec infiniment plus de succès et de méthode - bienfaits de la planification et de la centralisation du pouvoir ! - que l'Opep n'en a jamais eus sur le marché du pétrole.

L'étreinte chinoise sur les métaux rares coïncide avec les ambitions industrielles du pays dans les industries vertes et les hautes technologies. Tant que « l'Atelier du monde » ne produisait que des biens de consommation d'entrée de gamme, le contrôle de ces ressources ne constituait pas un enjeu pour Pékin. Mais depuis trois ans, la Chine réduit et, parfois, interdit ses exportations de métaux rares dans un but stratégique : inciter les industriels étrangers à localiser en Chine leur production de moteurs hybrides, voitures électriques, lasers et autres piles à combustible. Pékin a trouvé là un levier puissant et inédit pour accélérer la montée en gamme de son industrie : l'accès aux matières premières contre la technologie. Une forme de chantage qui pourrait conduire le Japon, premier importateur de cette catégorie de minéraux, et les Etats-Unis à saisir l'Organisation mondiale du commerce.

L'étreinte de Pékin ne se limite pas à ces richesses peu connues. Partout où une mine, un filon, un puits, voire des terres agricoles, offrent des perspectives prometteuses, surgissent des intérêts chinois dotés de ressources financières aussi colossales que les déséquilibres monétaires mondiaux. Déséquilibres dont la correction, si elle a lieu, semble s'opérer selon une échelle de temps chinoise.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Economique
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Mercredi 29 juillet 2009

Qu'a-t-on réellement gardé du discours du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès de Versailles? Que le chef de l'Etat, renouant avec l'esprit de la Résistance, voulait mobiliser les Français pour préparer l'avenir, un grand emprunt devant financer les priorités nationales définies en accord avec le Parlement et les partenaires sociaux.


L'idée semble géniale: que peut-on concocter de mieux en période de crise économique que de détourner l'attention des problèmes d’aujourd’hui pour focaliser les regards sur les projets d'avenir? Quoi de plus habile que de déstabiliser une opposition  en reprenant ses idées: mobiliser l'épargne pour stimuler l'économie par la dépense publique? On complète le tableau en faisant entrer au gouvernement un ministre portant un  nom hautement symbolique pour le peuple de gauche, on accorde un grand entretien au Nouvel Obs. et le tour est joué. L'ex-président de l'UMP devient le président de tous les Français, celui qui porte au plus haut le «modèle républicain». Mascarade ?

En face, toutes les critiques sur l'intérêt de lancer un grand emprunt tombent dans le débat technique, qui passionne peu le grand public et ne laisse guère de traces dans l'opinion. Pourtant, malgré tout, on peut et on doit se poser la question: le grand emprunt annoncé aussi solennellement a-t-il une chance d'être réellement lancé? On peut en douter.


Un grand emprunt national visant à mobiliser la nation peut désigner un ennemi commun. Cela a été longtemps le cas en France quand il s'agissait de financer l'effort de guerre. Nous ne sommes pas dans ce schéma. Il peut répondre à la nécessité de trouver des capitaux qu'il n'est pas possible d'attirer autrement. Nous ne sommes pas non plus dans ce cas de figure. Les emprunts lancés par l'Agence France Trésor trouvent toujours preneurs, à des conditions qui ne sont guère éloignées de celles de l'Allemagne, la référence dans la zone euro. Un grand emprunt public peut aussi se justifier par le souci de retirer de l'argent du circuit de la consommation pour le faire revenir dans celui de l'épargne: la préoccupation actuelle est exactement contraire.


L'économiste Patrick Artus s'est essayé à mesurer les conséquences d'un grand emprunt de 100 milliards d'euros, pour reprendre un chiffre qui a circulé. Sachant que l'épargne financière des ménages français est estimée à 120 milliards annuellement, on voit l'impact d'une telle opération. Ou l'emprunt a pour effet de faire remonter le taux d'épargne financière et la consommation risque de souffrir, ou il draine les capitaux allant sur d'autres placements, notamment l'assurance-vie, largement investie en emprunts d'Etat, ce qui pourrait faire monter un peu les taux auxquels le Trésor se finance sur les marchés (ce qui n'est pas non plus le but du jeu).


La mobilisation autour d'un emprunt public peut aussi avoir une motivation très politique: montrer au pays qu'on prend l'argent là où il est. C'était le cas de l'emprunt Mauroy de 1983, réalisé au taux de 10% alors que l'inflation était à 9,6% et obligatoire pour tous les contribuables payant plus de 5.000 francs d'impôt sur le revenu ou la fortune. Ce schéma a été clairement écarté: l'opération vise à séduire des électeurs de l'opposition sans déplaire à ceux de la majorité.


Un autre élément important dans un souci de mobilisation est la rapidité du passage à l'action. Là on nous dit que ce ne sera pas avant le début de 2010. On nous dit aussi que ce ne sera pas pour financer un deuxième plan de relance. Mais s'il s'agit simplement de financer des priorités nationales (ce qui est normalement l'objectif de tout emprunt), on ne comprend pas pourquoi il faudrait six mois pour les définir. Cela voudrait-il dire que l'équipe au pouvoir depuis deux ans n'a pas encore réfléchi à ce qu'elle voulait faire? C'est plutôt inquiétant.


Mais le président de la République lui-même indique ce qui a des chances de se produire. Reprenons son discours: «Quant à l'emprunt, son montant et ses modalités seront arrêtés une fois que nous aurons fixé ensemble les priorités. Nous le ferons soit auprès des Français, soit sur les marchés financiers». Tout est dit: d'ores et déjà, le pouvoir se réserve la possibilité de ne pas lancer de grand emprunt auprès des Français et de continuer à se financer sur les marchés, comme avant. En attendant, nous aurons assisté, une fois de plus, à un exercice de communication de grande qualité. L'emprunt peut bien faire pschitt, cela n'a aucune importance: l'idée seule a servi, il n'est pas nécessaire de passer à la réalisation.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Lundi 20 juillet 2009

Manuel Valls, qui a brandi sa « fidélité »  à sa famille politique, a fait fi de l'ultimatum lancé mardi par Martine Aubry lui sommant de rentrer dans le rang ou de partir.

La position de la première Secrétaire  face à ce petit défi n'est pas encore connue. Mais le bon sens veut que le parti socialiste réactive sa boîte à sanctions à l’égard  de  ceux qui refusent de jouer collectivement dans l’intérêt du parti.

Léon Blum disait : « L’homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée ».

Ma pensée est donc la suivante : Manuel Valls a franchi la ligne jaune par ses déclarations tapageusement  intempestives et faussement novatrices sur la vie du parti socialiste.

« Le PS doit changer de nom, d'idées, ne plus être socialiste, Sarkozy n'a pas toujours tort, je veux des white et des blancos », telles sont quelques unes des rodomontades vociférées par Manuel Valls dans les médias pour marquer  son iconoclastie ou sa curieuse appétence à la rénovation. Bien joué ?

Il est, certes, compréhensif qu’un homme politique, surtout à cette ère de délire communicationnel, cherche à exister médiatiquement. Mais cette existence ou connivence médiatique ne doit pas se faire au mépris de l’intérêt  du parti qui donne l’investiture. On peut exprimer librement ses opinions, proposer des vrais sujets de réforme ou de rénovation sans pour autant distordre l’esprit de solidarité qui doit animer les membres d’un même parti.

Le rappel à l’ordre de Martine Aubry vient à point nommé car il était  temps  que le PS indique le chemin de la raison et de la légitime discipline à tous ceux qui auraient encore envie de distiller  les petites phrases pour assouvir leur quart d’heure de gloire médiatique.

On peut critiquer le chemin ouvertement médiatique emprunté par Martine Aubry pour tancer Manuel Valls, mais il n’en demeure pas moins que le but poursuivi (c’est-à-dire, mettre un terme  aux atteintes cacophoniques et  malsaines contre le PS) est louable et fortement appréciable.

Le fait que Martine Aubry soit « mal »  élue (avec 102 voix d’avance sur Ségolène Royal) ne donne aucune prime aux discours grognards rompant avec un certain respect des statuts du parti et de sa dignité.

Un  pouvoir est faible s'il ne tolère pas qu'on l'avertisse de ses erreurs. Certainement, Martine Aubry avait beaucoup de cartes en mains après le congrès de Reims. Mais elle  n'a pas pris, avec l'énergie  suffisante, la mesure des choses. Elle aurait dû  revoir profondément  la gouvernance du PS  après Reims. On peut donc  valablement lui reprocher des choses sans pour autant basculer dans la fausse rébellion ou dans un cirque médiatique nuisible à l’intérêt du parti et à ses militants.

Oui, les militants. Que vaut Manuel Valls en termes de poids au niveau des militants ? 1%, 2%, 3%, etc… ? Les autres militants en ont certainement marre de le voir squatter les médias pour tirer contre son camp. Est-ce qu’il y pense quand il se rase, vu qu’il s’est déclaré candidat aux primaires ? (moi aussi, je suis candidat, puisque c’est la mode. Et alors ?).

Le militant de base qui s’évertue à  coller des affiches,  à distribuer bon an mal an  des tracts au marché et qui entend dans les médias qu’un membre du bureau national tire à bâtons rompus contre son camp a de quoi se démotiver. Ne parlons même pas du  désarroi  du sympathisant qui voit ses espoirs partir en fumée à cause des personnes qui ont oublié de défendre des valeurs, des principes, et des idées pour lesquels elles ont été investies par leur parti.

Valls n'a aucun intérêt à quitter le PS aujourd'hui, sauf à devenir dans les jours qui viennent ministre du gouvernement Sarkozy-Fillon. Il attendra la rentrée pour reprendre sa rengaine au lieu de provoquer de véritables débats d’idées. Evidemment. A la grande satisfaction de qui vous savez (Nicolas Sarkozy, bien-sûr…).

 A l'arrivée, Aubry sera bien embêtée. Si elle laisse faire, on dira que décidément ses courriers sont comme des papiers jetables. Si elle enclenche la machine à exclure, on dira qu'elle est sectaire. Je vois d'ici les communiqués de Frédéric Lefebvre: « Une fois de plus le PS montre qu'il est devenu une secte intolérante et tournée vers le passé... etc. ».

Avec son courrier, Aubry ne s'offre que deux mauvaises solutions pour résoudre le problème Valls. Le garder sachant qu'il va continuer à faire le jeu de qui vous savez. Le virer, sachant que le PS passera encore pour un parti ringard (faites confiance à une certaine presse pour déplorer l'exclusion du moderne Valls). Dans ces cas là, autant choisir le moindre et ce, le plus vite possible. Dans notre belle société médiatique, un Valls, isolé dans sa mairie d'Evry, devenu inutile pour qui vous savez, n'intéressera plus grand monde, passés les huit premiers jours d'émotion. En clair, si Martine Aubry est cohérente, Valls devrait être éjecté du PS avant la fin de l'automne….Bref, personnellement je juge, pour l’instant, inopportune son éventuelle exclusion même si la situation est sans conteste délicate pour Martine Aubry.

Je rappelle qu’il ne peut y avoir qu'un vainqueur à Gauche: l'Espoir. Au 21e siècle, face à la droite, immobile depuis deux cents ans, crispée par son éternel refus de 1789 et de ses prolongements (1848, 1905, 1936, 1945, 1981), la gauche doit se battre, encore et toujours, pour que le Pain, la Paix, la Liberté ne soient pas que des vains mots. Aucun espoir, aucun projet ne se construit dans la cacophonie ou l’indiscipline.

Enfin souvenez-vous de ce que Ségolène Royal disait en juin 2008 dans VSD : « Est-il normal que ceux qui insultent leur parti puissent rester candidats au nom de ce parti? » (...) « Les militants ne tolèrent pas que des élus portent atteinte à la dignité du parti ou aux règles élémentaires de fraternité au sein du PS, alors qu'ils lui doivent leur élection. (...) Il faut instaurer un système de droits et de devoirs. On est élu parce qu'on bénéficie d'un parti, de ses militants, de son histoire, eh bien, on a des devoirs à l'égard de ce parti».

« Et ce système, si j'étais désignée (Premier secrétaire: NDLR), je le mettrais en place. Si le risque de perdre son investiture parce que l'on se comporte mal en dénigrant son parti ou en injuriant d'autres socialistes existait, nous n'assisterions pas à ce type de dérapages. (...). Seul doit nous animer le débat d'idées. Mais, lorsque le parti aura décidé sa ligne politique, il faudra s'y tenir. Les militants ne supportent pas le brouhaha actuel, d'autant moins que ce sont des responsables politiques qui se permettent de porter atteinte à l'image du parti ».

Et voilà. C'était un entretien que Martine Aubry et tous les camarades de Manuel Valls reliront sans doute avec délectation.
 

PS : Je n’ai pas évoqué le cas Julien Dray parce que j’estime que ses diatribes  s’expliqueraient plutôt par le fait que Martine Aubry ne l’ait pas réellement soutenu quand il a été mis en cause à la suite du signalement de Tracfin.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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