L'expression semble se suffire à elle-même : « Une campagne présidentielle est une course d'obstacles ». François Hollande le sait, et il ajoute volontiers : « Il faut avoir le sens du temps, trouver le rythme ». Il n'a cessé de le marteler depuis des mois, tant à ses partisans pressés de rentrer dans le bain qu’à ses adversaires très impatients de le voir entrer dans l'arène pour mieux dresser leur réquisitoire.
Au Bourget, le 22 janvier, François Hollande a donc franchi un premier obstacle, toujours délicat : celui de l'entrée en campagne. Il y a cinq ans, presque jour pour jour, Nicolas Sarkozy avait marqué les esprits et structuré le débat présidentiel de 2007 par son seul discours inaugural. François Hollande vient de réussir une performance comparable.
Depuis sa victoire à la primaire socialiste qui l'avait désigné en octobre 2011, on le disait hésitant, attentiste, flou. Il s'est montré offensif, pugnace, percutant. La droite lui déniait la carrure présidentielle ? Il a trouvé les mots pour aller à la rencontre du pays, marier récit personnel et récit national. La gauche, ou une partie d'entre elle, le jugeait trop tiède à son goût. Il a parlé le langage qu'elle attendait : égalité, justice, laïcité et République, contre l'argent-roi. Le centre le soupçonnait d'être prisonnier des vieilles lunes socialistes. Il a, en tous points, réaffirmé sa volonté de réalisme et de sérieux.
Au-delà de l'enthousiasme des socialistes, n’en déplaisent à Copé et ses sbires, tout le monde s’accorde à dire que François Hollande a passé l’épreuve du Bourget avec succès et brio.
Un nouvel obstacle, non moins déterminant, attend désormais François Hollande : celui de la vérité, puisqu'il doit exposer, jeudi 26 janvier, le détail et le coût de son projet. Jouant de l'effet de surprise, il en a dévoilé, au Bourget, les grandes lignes et bon nombre de mesures emblématiques et responsables : retour à l'équilibre des finances publique d'ici à 2017, dont il a réaffirmé qu'il est incontournable ; recrutements dans la fonction publique (et dans l'éducation nationale en particulier), mais à périmètre constant ; 150.000 emplois d'avenir et une réforme fiscale, nécessairement progressive.
Gageons que François Hollande ira plus loin en exposant les mesures qui permettront à la France de retrouver le chemin de la croissance.
Il ne fait aucun doute que le « levier » du changement qui serait porté par le vote des français lui donnerait du crédit pour convaincre nos partenaires européens, et l’Allemagne, en particulier de changer l’orientation de l’Europe.
Au Bourget, François Hollande a montré qu’un autre chemin est possible ; un chemin où le mot « égalité » retrouve ses lettres de noblesse.
Egalité ! Egalité ! Egalité…..
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