Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 22:36

L'expression semble se suffire à elle-même : « Une campagne présidentielle est une course d'obstacles ». François Hollande le sait, et il ajoute volontiers : « Il faut avoir le sens du temps, trouver le rythme ». Il n'a cessé de le marteler depuis des mois, tant à ses partisans  pressés de rentrer dans le bain  qu’à ses adversaires très impatients de le voir entrer dans l'arène pour mieux dresser leur réquisitoire.

Au Bourget, le 22 janvier, François Hollande a donc franchi un premier obstacle, toujours délicat : celui de l'entrée en campagne. Il y a cinq ans, presque jour pour jour, Nicolas Sarkozy avait marqué les esprits et structuré le débat présidentiel de 2007 par son seul discours inaugural. François Hollande vient de réussir une performance comparable.


Depuis sa victoire à la primaire socialiste qui l'avait désigné en octobre 2011, on le disait hésitant, attentiste, flou. Il s'est montré offensif, pugnace, percutant. La droite lui déniait la carrure présidentielle ? Il a trouvé les mots pour aller à la rencontre du pays, marier récit personnel et récit national. La gauche, ou une partie d'entre elle, le jugeait trop tiède à son goût. Il a parlé le langage qu'elle attendait : égalité, justice, laïcité et République, contre l'argent-roi. Le centre le soupçonnait d'être prisonnier des vieilles lunes socialistes. Il a, en tous points, réaffirmé sa volonté de réalisme et de sérieux.


Au-delà de l'enthousiasme des socialistes, n’en déplaisent à Copé et ses sbires, tout le monde s’accorde à dire que François Hollande a passé l’épreuve du Bourget avec succès et brio.


Un nouvel obstacle, non moins déterminant, attend désormais François Hollande : celui de la vérité, puisqu'il doit exposer, jeudi 26 janvier, le détail et le coût de son projet. Jouant de l'effet de surprise, il en a dévoilé, au Bourget, les grandes lignes et bon nombre de mesures emblématiques et responsables : retour à l'équilibre des finances publique d'ici à 2017, dont il a réaffirmé qu'il est incontournable ; recrutements dans la fonction publique (et dans l'éducation nationale en particulier), mais à périmètre constant ; 150.000 emplois d'avenir et une réforme fiscale, nécessairement progressive.


Gageons que François Hollande ira plus  loin en  exposant les mesures qui permettront à la France de retrouver le chemin de la croissance.


Il ne fait aucun doute que le « levier » du changement qui serait porté par le vote des français lui donnerait du crédit pour convaincre nos partenaires européens, et l’Allemagne, en particulier de changer l’orientation de l’Europe.


Au Bourget, François Hollande a montré qu’un autre chemin est possible ; un chemin où le mot « égalité » retrouve ses lettres de noblesse.


Egalité ! Egalité ! Egalité…..         

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 12:32

« François Hollande est un homme dangereux pour la France », déclara Nadine Morano. François Fillon critiqua vivement le « catastrophisme rustique » de François Hollande, accusant ce dernier d'une « diabolisation infantile » à l'égard de Nicolas Sarkozy. Le Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, sort de son rôle, en déclarant qu'une alternance à gauche dans trois mois entraînerait des « conséquences économiques et sociales » qui pourraient être comparables « à une guerre ».  Jean-François Copé  estime qu'à l'UMP: « c'est massacre à la tronçonneuse ».On perd malheureusement notre triple A, tandis que François Hollande tenait réunion avec des élus guadeloupéens, François Fillon l'attaquait à Paris, invitant « les agences de notation à lire le projet socialiste ».


Hormis le caractère choquant, absurde et indigne de pareilles déclarations, il est évident que la droite, aux abois, est complètement dépassée par l’urgence et le sérieux que requiert la gravité de la situation.


Certes, on le savait ! Pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a divisé en permanence les Français, il les a opposés les uns aux autres, ajoutant à cela les dérives du débat sur l'identité nationale ou encore le discours imbuvable de Dakar. Il ne faut pas s'étonner que la campagne présidentielle soit à l’image de ce quinquennat d'abaissement de la République.


Les snipers de l’UMP, désertant le débat politique, sont dans un état hallucinant de haine et d'agitation incontrôlée. Il leur est impossible de battre campagne  sur le bilan de Sarkozy parce que ce dernier n'a tenu aucune promesse. Il leur est aussi pénible  de faire campagne sur son projet parce que Sarkozy ne sait plus à quel saint se vouer.


Le bilan de la droite sarkozienne, c'est  la perte de plus de 450 000 emplois industriels, un million de chômeurs en plus, une dette explosive sinon galopante, une balance commerciale anémiée. On comprend mieux que cette droite sarkozienne n’ait comme issue que de faire campagne dans la brutalité et dans la peur.


Les français ne  peuvent être dupés par cette  technique médiocre qui n’est que vulgarité, outrance, manipulation et mépris à leur égard. Ils refuseront de subir cet abaissement, cette indignité nationale.


Le parti socialiste devra faire sa propre campagne, en se positionnant sur le fond, en élevant  le débat ; non pas en s’adressant aux agences de notation comme l’aurait voulu Fillon, mais en ayant un discours de vérité et d’intégrité vis-à-vis des français.


Enfin la droite, sentant sa fin prochaine, a toujours usé de la stratégie de la haine. En 1981 pour barrer la route de François Mitterrand à l'Elysée, elle avait décidé de sortir l'une de ses ultimes cartes pour disqualifier les socialistes, celle du procès en illégitimité. A l'époque, elle annonçait l'arrivée des chars soviétiques sur la place de la Concorde si François Mitterrand parvenait à l'Elysée. En 2012, ça sera l’arrivée de François Hollande à l’Elysée qui sonnera le glas de sa propre turpitude.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 11:29

Peu de temps avant sa victoire aux primaires socialistes, François Hollande  parlait de cette aventure comme d'un « coup de folie ». Il sait que la campagne sera dure, qu'il n'y a que des coups à prendre. En effet, au lendemain de sa désignation, notamment  lors de la Convention UMP du 18 octobre, la droite a commencé à l’attaquer : Au menu, un chiffrage ubuesque  du projet du PS à la mode Téléthon. Hollande y avait été qualifié entre autres de « Jospin décongelé » par le secrétaire général adjoint de l’UMP, Marc-Philippe Daubresse.


Si quelques doutes subsistaient, ils sont ce jour-là levés : la droite ne fera pas de cadeaux. Le PS  a en face  des tueurs prêts à tout, qui ne reculent devant rien.  Aussi,  Claude Guéant, n’avait-il pas lâché au JDD une histoire de « contrôle de routine » de DSK au bois de Boulogne en 2006. Pourquoi ? Parce que la droite pense bêtement que ce type de sortie empêchera la gauche d'attaquer Sarkozy sur le terrain de la morale.


Et puis, il y a les amabilités à l'égard de François Hollande. Le ministre de l'Éducation, Luc Chatel, avec une formule indigne sinon grotesque le compare ainsi à Babar, sympathique roi des éléphants. Sarkozy lui-même, en mal d’inspiration, compare en privé François Hollande, ici, à Guy Bedos, là, à « un morceau de sucre » (selon Le Parisien).


A la lecture de ces quelques lignes, on connaît déjà la partie qui a opté pour un débat et des formules d’abaissement national.


Alors, lorsque mercredi Le Parisien écrit que Hollande a traité, lors d'un déjeuner avec des journalistes, Nicolas Sarkozy de « sale mec », l'UMP joue sur du velours. Christian Estrosi s'élève brutalement   contre « François le petit », Nadine Morano ose une comparaison saugrenue  et malveillante en faisant le lien entre Hollande et Jospin qui, en 2002, « s'était laissé aller sur Jacques Chirac, le qualifiant de vieux et d'usé ». Jean-François Copé, qui trouve minable que des députés se contentent de gagner 5000 euros par mois (source : lepost.fr) s'émeut pour sa part « des insultes très choquantes et indignes ».


La polémique est rapidement désamorcée, puisque Hollande n'a manifestement pas directement insulté le chef de l'État, mais l'épisode révèle la capacité d’attaque de l’UMP qui ne lésinera ni sur les moyens ni sur les techniques les plus choquants  pour conserver le pouvoir.


Le sale mec, c'est un vain évènement, mais une attitude à laquelle il faudra s’attendre de la part  l’UMP tout au long de la campagne.


En même temps, cette sortie brutale de l’UMP contre cette histoire de « sale mec » montre à quel point  la  droite est aux abois. Certes, qu’a-t-elle à proposer  après tout ? Faire campagne sur son projet ? C'est compliqué, compte tenu du bilan de Sarkozy. Et faire campagne sur le bilan de Sarkozy, c'est atrocement plus compliqué.


Cela dit, si la stratégie de Sarkozy est d'attaquer et de faire attaquer Hollande par ses acolytes  en espérant une réplique du PS, il se trompe lourdement. En tous cas, Hollande n’a pas l'intention de participer à une guerre des tranchées : il clame : « Ça suffit ! ». « Chaque jour a son cortège de polémiques, comme si la droite redoutait le débat, craignait que ce soit projet contre projet, bilan contre bilan. »


Montrant  qu'il « n'est jamais dans la grossièreté », Hollande préfère attaquer Nicolas Sarkozy sur sa politique, et principalement sur la TVA sociale - un « nouveau plan de rigueur » - qu'il a promis d’abroger  une fois élu, si éventuellement elle était votée.

A l’outrance, la violence et la vulgarité de  l’UMP, le PS doit opposer en tout point sérieux et détermination. Les défis à relever pour sortir le pays du gouffre  d’endettement sont si nombreux que François hollande, à travers les thématiques qu’il développe commence à incarner une force tranquille. Qui dit mieux ?  

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 09:58

  Cher François,

Ta situation me préoccupe grandement, surtout que la gauche a perdu toutes les dernières élections présidentielles (1995, 2002 et 2007).Trois échecs, c’en est trop ! Et te voilà, notre candidat,  baissant dans les sondages. Certes, il est rassurant pour certains esprits, fuyant la réalité, de les considérer comme une simple photo du moment. Mais, il y a des photos qui interpellent.

Selon une nouvelle enquête IPSOS et Logica Business Consulting publiée le 7 décembre, tu es crédité de 32% des intentions de vote au premier tour, contre 35% pour le mois de novembre. Malgré ton statut de favori, tu connais  la plus forte baisse en un mois.

Cette baisse s'inscrit dans la très mauvaise tendance du mois de novembre. Si certains de tes amis ou proches collaborateurs ont toujours cherché à minimiser voire banaliser les enquêtes d’opinions, tu n’es pas sans savoir que ce reflux, sévère au 1er tour (tu as perdu, selon les instituts, jusqu'à 9%) et presque aussi sévère au 2nd tour (jusqu'à - 8%) te met une pression énorme. Pis, il inquiète ta famille politique et le monde de gauche.

Instruit des erreurs commises en 2007, comment en es-tu arrivé là ?

Loin de moi toute idée de jouer au politologue, mais les français et certains militants en sont arrivés à la même analyse que moi. Seuls tes courtisans n’ont rien vu.

 Oui François, comment en es-tu arrivé là ?

 Depuis ta belle victoire aux primaires, j’ai eu l’impression d’un flottement entre ton équipe et Solferino. Tout portait à croire que tu courais après les choses sans avoir une prise réelle sur celles-ci. J’ai lu dans Le Monde que certains militants t’ont trouvé "trop timide", "trop effacé", "trop peu offensif". Suis-je de leur avis ? Dire non serait me mentir et  trahir la confiance et l’espoir que je porte en toi.

 J’ai conscience que ta campagne ne doit démarrer qu'en janvier pour des raisons de temps de parole réduit après la primaire PS. Il n’empêche que ton message n’est pas encore audible.

 Tu incarnes ce rêve, cet esprit nouveau, cette volonté de changement que les français réclament avec impatience. Face à cette droite arrogante, en complet décalage avec les attentes de nos concitoyens, tu dois sortir la grosse artillerie. La crise fait des ravages dans les quartiers, les entreprises, les familles. Les gens sont au bord du gouffre, s’ils ne sont pas déjà tombés dans le précipice de la misère. C’est à toi, François  de répondre aux mensonges et au projet de démantèlement social de la droite.

 Il ressort des conversations de nos voisins, de nos collègues et des porte-à porte que les français sont prêts à voter pour le candidat de l’opposition qui sache les défendre et leur serve de rempart ou de bouclier face aux effets néfastes d’une mondialisation financière incontrôlée.

 Tes discours sont intéressants. Mais les français ont besoin qu’on leur dise des choses simples et faciles à comprendre. Ils seraient prêts à partager le rêve que tu leur proposes si tu leur montres que tu as des solutions concrètes pour la crise. Inutile de leur répéter que Sarkozy a échoué. Ils le savent ! Tout le monde sait qu’il porte seul la responsabilité de la dette et de la crise sociale. L’antisarkozysme ne suffira pas pour mobiliser nos concitoyens !

A ta décharge, je sais que tu mesures grandement l’énormité de la responsabilité qui t’incombe. Tu dois user de ton talent  pour sortir du flou sur les retraites et sur l’éducation nationale, et parler à la Nation.

La banlieue t’attend sur la sécurité et l’emploi. Les jeunes des quartiers populaires soumis au chômage et aux discriminations t’attendent sur le contrat de génération.

La jeunesse t’attend sur les promesses républicaines.

Les classes moyennes, craignant le péril de déclassement, comptent sur toi pour leur proposer un nouveau modèle socio-économique. 

Oui François, j’ai confiance en ta capacité à nous conduire vers la victoire.

Tu as prévu de dévoiler ton programme courant janvier. Tu n’as pas le choix, tu dois tenir ce calendrier. Le faire après, c'est courir  le risque de subir un procès en incompétence ou en sorcellerie de l'UMP. C'est d'ailleurs fin janvier que le parti présidentiel rendra public ses propositions. Tu serais donc bien inspiré de publier les tiennes avant, pour lui couper l'herbe sous le pied.

Cher François, il te revient maintenant de tirer les leçons de ce petit trou d’air sondagier et de nous conduire vers la victoire.

Mes amitiés socialistes.

PS : Il s’agit d’une lettre virtuelle destinée à François Hollande.

 
Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 10:13

L’Europe semble de plus en plus se fourvoyer et s'engage de façon dramatique  dans une impasse. Pendant les deux dernières décennies, les pays de l'Occident se sont drogués aux dettes  jusqu'à ce que la crise les ramène à la réalité. Depuis lors, s'est enclenché un processus de recherche de la réduction de ces dettes sous le diktat des agences de notation et la pression des marchés. Sommés de toutes parts de réagir, menacés de voir leur « note » faire l'objet d'une dégradation et, avec celle-ci, leur possibilité de rembourser leur dette anéantie, les pays de la zone euro ont entrepris, tous en même temps, de ramener leurs comptes à l'équilibre, principalement au moyen de coupes dans leurs dépenses publiques censées, selon l'idéologie dominante, être plus efficaces que les hausses d'impôts.

Ce comportement moutonnier, qui a ramené au premier plan le consensus de Washington et, avec lui, la politique traditionnelle du FMI, est, à la fois, absurde, inefficace et empreint d'une profonde injustice. Il procède, d'abord, d'une absurdité économique qui le rend profondément inefficace. Il n'est pas besoin de rappeler longuement que les coupes dans les dépenses publiques entraînent automatiquement une chute des recettes publiques qui en réduit fortement l'effet. En outre, ces effets sur l'activité économique, cumulés dans la zone euro et démultipliés en raison de leurs conséquences sur les échanges intra-zone, risquent de conduire à la dépression. Les politiques ne peuvent de tout de même pas l’ignorer !

Ensuite, ce comportement est empreint d'une injustice criante, en même temps que d'une grande hypocrisie à l'égard des populations concernées. Il suffit de citer le cas de l'Espagne. La situation d'une grande partie de sa population, telle que la décrivent de nombreux observateurs, est, en effet, aujourd'hui tragique et indigne d'un grand pays de l'Europe, avec des taux de chômage records et une aggravation inquiétante de la pauvreté qui oblige un nombre croissant d'espagnols à recourir à la soupe populaire. Faut-il accepter que l'on en revienne, ainsi, à des pratiques et à des situations qui rappellent le XIXe siècle pour réduire la dette des pays considérés et qu'il n'y ait pas d'autre solution ? Certainement non.


 Actuellement, la zone euro est dans une impasse. Plus les « politiques d'austérité » se généralisent et s'approfondissent, plus la croissance diminue et l'on plonge vers la récession. A chaque annonce d'une nouvelle « tranche d'austérité », prévaut d'abord le sentiment du devoir accompli en satisfaisant les attentes des marchés et en calmant les agences de notation. Cela dure deux ou trois jours, puis les unes et les autres repartent à l'assaut et stigmatisent d'autres pays. Et ceci n'est pas étonnant, car ces plans d'austérité n'ont rien de rassurant pour des esprits rationnels qui en anticipent les effets dépressifs. On nous rétorquera que tout ceci appelle une reconstruction du monde et, surtout, de son système financier et que cela ne se fera pas en un jour. 

 

Le sommet européen du 09 décembre, censé apporter une lueur d’espoir, n’a pas répondu aux véritables questions que soulève l’endettement des Etats. Ce curieux sommet qui consolide le leadership d’Angela Merkel, divise tout en créant de nouveaux et incertains équilibres politiques. Pourtant des pistes existent. Celles-ci ne demandent qu’à être suivies :

-         Il suffit d'accroître considérablement les possibilités de rachat de la dette de la zone euro par les institutions européennes, ce qui permettrait, en diminuant drastiquement la pression qui s'exerce sur les différents pays de la zone, d'éteindre l'incendie et  in fine de mettre les pays endettés à l’abri des forces obscures et spéculatives. Sinon c’est la sempiternelle course à l’austérité et cela n’augure rien de bon. Comme l’a souligné Martin Wolf, dans Le Monde Economie du 15 novembre, « c'est la brutale austérité des années 1930-1932 qui amena Adolf Hitler au pouvoir, et non l'hyperinflation ».

-         En second lieu, il s'agit de remettre à leur place les agences de notation, réguler les pratiques techniques des marchés et séparer les activités des banques. La première mesure devrait avoir, notamment, pour objet d’encadrer le droit accordé de façon irresponsable à ces agences de noter les Etats. A cet égard, on ne peut que déplorer que le projet de la Commission européenne ait été vidé de l'essentiel de sa substance.

-         En troisième lieu, il convient de revoir complètement les politiques dites d'austérité, en cessant de les axer entièrement sur les dépenses publiques et de les faire peser sur les classes moyennes et les plus pauvres, donc sur la demande, selon deux directions :

  • en les axant davantage sur l'imposition des plus riches, à l'instar de ce qu'avait fait Franklin Roosevelt au cours des années 1930 ;
  • en les accompagnant par des politiques de soutien de l'activité économique de type New Deal pour éviter les effondrements des économies, par exemple, grâce à l'utilisation des « eurobonds » pour leur financement.

Soyons en certains : on ne sauvera pas l'Europe en misant sur la seule austérité.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : International
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 14:38

François Hollande a fait un pas en direction de François Bayrou en envisageant sa participation à une majorité présidentielle autour de lui.

Que va répondre l’homme du MoDem ?


On ne le saura que dans quatre mois car François Bayrou n’a pas la moindre intention de dévoiler ses stratégies avant le premier tour. D’abord parce qu’il veut croire qu’il sera lui-même au second tour. Mais, si on écarte cette hypothèse hasardeuse, toute la force de sa candidature consiste à faire à comprendre à François Hollande et à Nicolas Sarkozy qu’ils ne pourront pas gagner sans lui.

 

François Bayrou jubile car en posant de lui-même la question de la place du troisième homme de 2007, François Hollande l’a mis au centre du jeu. Il n’est espérait pas tant. Bref, on parle de lui : c’est la meilleure pub avant sa déclaration officielle de candidature.

En parlant déjà d’alliance avec lui, le PS et l’UMP laissent entendre qu’ils ne pourront pas gouverner seuls et qu’ils auront besoin d’une majorité élargie au centre.

 

En évoquant si tôt la question Bayrou, Hollande a-t-il pris un risque ?

Oui. On peut dire que François Hollande, en faisant cette ouverture inattendue, sort du face à face avec les Verts, un face-à-face agaçant pour lui et qui a sérieusement plombé les quinze premiers jours de sa campagne. C’était sans doute son objectif.

 

Mais sans avoir la moindre garantie du côté de Bayrou, il a pris le risque d’énerver son flanc gauche. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon n’a pas tardé à se faire entendre. En effet, pour lui,  il n’est pas question pour le Front de gauche de participer à un gouvernement qui comprendra des centristes. Pour Eric Coquerel, le secrétaire national du Parti de gauche, « une véritable politique de gauche est absolument incompatible avec celle de François Bayrou qui propose notamment une hausse de deux points de la TVA et un plan de rigueur de 100 milliards d'euros dont 50 milliards d'euros de coupes dans les dépenses de l'Etat et de la Sécurité Sociale ».


Il a pris un autre risque, périlleux pour le premier tour de la présidentielle : légitimer le vote Bayrou en laissant entendre que les retrouvailles seront possibles entre les deux tours.


On aurait tort cependant de ne voir là qu’un coup de poker. En 2009, François Hollande, qui n’était déjà plus premier secrétaire du PS, avait lancé un premier appel à François Bayrou en l’invitant à une « clarification » de ses « convergences » et de ses « divergences » avec le PS et en disant que, si les convergences l’emportaient, il faudrait en « tirer les conclusions ». A l’époque, Martine Aubry avait été très énervée par cette main tendue au MoDem.


Cela dit, Hollande n’est pas non plus totalement cohérent. Car il disait à l’époque qu’un éventuel accord ne pouvait pas se décider « entre deux tours d’une présidentielle », et qu’il ne pouvait découler que d’un long travail sur le fond. Or, ce travail n’a pas eu lieu, et n’aura pas lieu. Et il prend acte que c’est sur la base d’un ralliement au second tour qu’une alliance peut se conclure. Hollande a toutefois un avantage sur Ségolène Royal en 2007 : Bayrou a promis que, cette fois, il trancherait. Et s’il optait pour Sarkozy ?


Enfin, en 1988, François Mitterrand  avait fait entrer des ministres centristes au gouvernement. Alors, 2012, remake de l'ouverture mitterrandienne?


Avant de scalper les partenaires de l’ex-gauche plurielle, François Hollande ferait mieux de s’assurer de la crédibilité de la « gauche centrale » qu’il espèrerait étendre à François Bayrou. Bien avant, il serait peut-être intéressant  de se remémorer le film que nous avait joué ce dernier avec son « amie » de circonstance, Ségolène, en 2007 pour savoir où nous posons nos « billes »….

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 17:11

 

Bien sûr, ils auraient préféré s'en passer. Mais, s'il faut faire avec, ils n'en feront pas une tare. Tel est le sentiment qui a dû prévaloir chez les socialistes quand Chevènement  a confirmé sa candidature à l'élection présidentielle.

Si les ambitions élyséennes du sénateur de Belfort suscitent peu de réactions enflammées au PS, c'est d'abord parce qu'elles ne surprennent guère. Lors de son 5e congrès, le 27 juin 2010, le Mouvement républicain et citoyen (MRC) avait déjà proposé que son président d'honneur se présente à la présidentielle de 2012. Le 4 mai 2011, l'intéressé lui-même avait indiqué que sa candidature était probable, précisant qu'il l'"officialiserait" à l'automne.

Or depuis quelques semaines, plusieurs signes indiquaient que cette officialisation était imminente : la multiplication d'affiches estampillées "Chevènement 2012", et la parution d'un nouveau livre – le deuxième en neuf mois – au titre beau comme un programme électoral : Sortir la France de l'impasse.


Attendue, la candidature de Jean-Pierre Chevènement l'était d'autant plus que l'intéressé, ces derniers temps, ne cachait pas son amertume à l'égard du PS. S'il ne croyait sans doute guère à ses chances d'accéder à la présidence du Sénat au lendemain de la victoire de la gauche aux élections du 25 septembre, au moins espérait-il en présider la commission des affaires étrangères et de la défense. Il dut se contenter de la vice-présidence.


La candidature de Jean-Pierre Chevènement ne surprend donc pas les socialistes, mais elle ne les réjouit pas pour autant. « Il a fait un choix qui n'était pas forcément celui que nous aurions souhaité », concède Pierre Moscovici.


Si Moscovici  se garde toutefois d'employer des mots trop durs, c'est parce qu'il espère qu'un renoncement est encore possible : « Pour en finir avec le sarkozysme, il faut que la gauche soit le plus rassemblée possible, et ce dès le premier tour. En se présentant, Jean-Pierre Chevènement prend donc une responsabilité particulière. C'est à lui de réfléchir à cette responsabilité et à nous de l'aider à réfléchir », explique-t-il.


Le même sentiment est partagé Par Henri Emmanuelli : « Jean-Pierre a le droit le plus absolu de peser dans le débat. Mais s'il va jusqu'au bout, alors il faut qu'il sache qu'il fait prendre des risques à la gauche. Avec une Marine Le Pen qui obtiendra probablement autour de 20 % des voix au premier tour, il n'y a pas de place pour une candidature comme la sienne ».


En se lançant dans la course à l'Elysée, Jean-Pierre Chevènement fragilise-t-il François Hollande, comme il avait affaibli Lionel Jospin en se présentant en 2002, au point de se voir accusé à posteriori d'avoir contribué à l'élimination de celui-ci dès le premier tour ?


Le parallèle est hasardeux. En 2002, Chevènement était dans un état d’esprit complètement  différent. Lorsqu’il parlait  de « Chirpin » et « Josrac », il mettait le premier ministre et le président dans le même panier. Aujourd'hui, il veut incarner auprès de Hollande un rôle d'aiguillon, et non d'opposant. Et dans ce registre, il peut s’avérer très utile dans le combat contre Sarkozy.


Disons-le ! Chevènement n'inquiète pas vraiment les socialistes car sa capacité de nuisance apparaît moindre qu'en 2002. A l'époque, il était une figure importante de la scène politique : il avait été ministre de l'intérieur pendant trois ans et on parlait de lui comme du « miraculé de la République » après l'accident d'anesthésie dont il avait été victime en 1998. Depuis, même si la situation trouve quelques échos dans ses idées, force est de constater qu’il n’est plus dans la fleur de l’âge et qu’il se retrouve complètement isolé avec son parti.


Cependant, même si sa candidature fragilise davantage Jean-Luc Mélenchon que François Hollande, il ne faut pas pour autant en minimiser les conséquences.


La seule stratégie qui vaille est celle imaginée avec tact et intelligence par Arnaud Montebourg : « Si Hollande reprend une partie des idées de Chevènement, la candidature de celui-ci sera inutile », croit Montebourg. Tout est dit.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 16:41

On connaissait la « positive attitude » ! Mais voilà la « normale attitude » qui semble placer sous le signe du succès : Qui l’aurait cru ? Qui aurait pu croire, en effet, qu'aujourd'hui, dans un pays qui se paie de mots, souvent emphatiques, un candidat puisse, avec succès, se prévaloir d'être "normal" ? Pourtant, François Hollande l'a fait, qu'une "primaire citoyenne" a qualifié, de façon claire et nette, pour affronter Nicolas Sarkozy.

 

Normal ne veut pas dire banal, au contraire. Normal signifie digne, respectueux de sa fonction, de celle des autres et des codes de la République (l'anti-Sarkozy). La normalité revendiquée comme l'antithèse de l'agitation, de la nervosité et de la brutalité, parfois, du sarkozysme première manière, encore dans tous les esprits. Antithèse, aussi, de la recherche du clivage ; lorsque l'inquiétude et la peur dominent, l'aptitude à créer du consensus redevient une valeur sûre.


Lorsque Michel Rocard, dans son discours de Joué-lès-Tours, avait théorisé l'exercice du pouvoir en démocratie non comme l'imposition, par une majorité, de sa loi à une minorité, mais comme l'élaboration patiente de solutions consensuelles, Laurent Fabius s'était déjà dressé pour dénoncer le « consensus mou ». 


Une présidence « normale » sera donc proposée au pays. Ce qui signifie ne plus décider de tout, ne pas vouloir avoir raison sur tout. Eternelle promesse qu'aucun des présidents n'a appliquée, tous ayant illustré la maxime de Thucydide : « Tout homme va toujours au bout de son pouvoir ».  Surtout lorsque, comme c'est le cas sous la Ve République, ce pouvoir est hors norme. François Hollande se place sur la ligne de départ avec un atout et un handicap. Outre la légitimité acquise grâce à la primaire, il a vu sa stratégie validée : le « rêve français » mis en avant, celui d'un pays réconcilié avec sa jeunesse, permet de se projeter au-delà des difficultés du moment. S'il est vrai qu'à ce jour la France rejette Nicolas Sarkozy et aspire majoritairement à l'alternance, la gauche n'en bénéficie que parce qu'elle est la seule alternative possible. Partout ailleurs en Europe, la droite affaiblie par la crise est impopulaire, mais le mois prochain, la gauche sera balayée en Espagne... Celles et ceux qui, en France, disent préférer la gauche à la droite n'expriment pas moins une grande méfiance à l'égard des solutions des uns et des autres.

 

C'est là le principal obstacle de François Hollande : il lui faut convaincre que ce qu'il propose est réaliste et efficace. Il a déjà pris acte de la faible croissance qui nous attend pour 2012. Il a conscience du déficit abyssal qui nous sera légué par le pouvoir en place. Alors, il devra en tirer les conséquences et proposer rationnel et juste. Sans pour autant renier certains fondamentaux du projet socialiste.


« La justice, la justice », martelait Hollande à la manière de François Mitterrand, lors du débat des primaires. La justice dans la répartition de l'effort, dans l'égalité de traitement, dans les conditions d'accès de la jeunesse à la méritocratie : c'est sans doute ce que François Hollande pourra offrir de mieux, dans le contexte inédit d'une absence quasi totale de marge de manœuvre, dans un pays surendetté où tous les clignotants sont au rouge. Conditions qui font de sa désormais légendaire prudence, une force. Même si, à trop croire en la négociation, Barack Obama est allé, lui, de renoncement en renoncement, au point de compliquer les perspectives de sa réélection.

 

Certes, bien avant, il faudra battre Nicolas Sarkozy, qui est loin, malgré les sondages qui lui  sont défavorables, d’avoir perdu les échéances de 2012.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 13:25

Dans un parti socialiste qui est cette semaine balkanisé en tendances de circonstance et en retournement d'alliances (Olivier Faure, ancien conseiller d'Aubry est chez Hollande; Moscovici et Fabius, hier unis chez DSK, se font la guerre l'un chez Hollande, l'autre chez Aubry), on a assisté à un premier tour fascinant dimanche soir et à une promesse: celle d'un second tour ouvert.

 

François Hollande a réussi un sans faute, en solitaire d'abord, en homme du consensus après. Il a d'abord "joué perso" pour incarner la fonction présidentielle, avant de se construire dans un "nous collectif" qui lui a réussi: celui de la synthèse majoritaire. La presse l'a adoré (surtout celle de droite qui le prend pour le "Pompidou de gauche"). Il faut dire que pendant trente ans, Hollande a cultivé ses réseaux médiatiques et on a souvent oublié qu'il a construit son carnet d'adresse, dès 1983, comme directeur de cabinet des deux porte-paroles du gouvernement socialiste (Max Gallo et Roland Dumas). Les médias: c'est son métier. Ce fut la clé de sa montée en puissance.

 

Comme premier secrétaire, il a été remarquable dans l'art de gouverner par consensus. C'est ce qui, dans ces primaires, a fait peu à peu sa force avant finalement de le piéger. La synthèse se fait, elle ne se décrète pas. C'est malin d'être au-dessus de la mêlée quand on a gagné; c'est présomptueux, sinon arrogant, quand on est encore dans l'arène et dans le duel. Parti trop vite, Hollande a voulu sauter l'étape des primaires pour se concentrer sur les présidentielles. Il a oublié que les primaires c'était le choix. La démocratie. Et que les Français aiment la compétition et veulent choisir. En hésitant au dernier moment sur Hadopi, le mariage gay, l'école ou la règle d'or, il a donné de bons arguments à ses opposants - et d'abord à Martine Aubry. "Les jeux sont faits" fanfaronnaient Pierre Moscovici et autres. François Hollande n'est pas la "gauche molle", mais il a raté la fin de sa campagne la semaine dernière en donnant l'impression qu'il l'était. Du coup, la dynamique de sa campagne a été cassée, quand celle de sa concurrente a été relancée.


Martine Aubry  a fait le chemin inverse. Elle a  trop longtemps  "joué collectif". Elle a réuni la maison socialiste, et de la cave au grenier, elle n'a plus eu que le catéchisme socialiste à la bouche. Elle s'est décidé tardivement à dire "je". Elle l'a payé au prix fort dans les sondages et les médias - du moins dans l'opinion: elle ne fut jamais la favorite, piégée par le vrai-faux "pacte de Marrakech". Sa communication a été brouillonne. Ses alliances ont semblé la plomber (Fabius, Hamon, Delanoë, Emmanuelli ont poussé dans les bras de François Hollande leurs nombreux ennemis). Pour avoir trop longtemps joué la cocotte - j'y vais, j'y vais pas - elle a commencé à manquer de temps. Mais le diesel a mis le turbo et la semaine dernière elle a enfin fendu l'armure. En toute habileté, face aux sondages qui lui sont défavorables, elle a davantage plombé la dynamique de Hollande avec cette phrase choc : "On ne battra pas une droite dure avec une gauche molle".


Ce soir dans le débat et dans les jours qui viennent, François Hollande a le choix entre deux options. La première est celle de la guerre de positions. Il est et reste statique. Il prend les coups sans les rendre. Il consolide ses acquis et son identité.

 

La seconde option est celle du mouvement. Mais s'il bouge, sa machine s'ébranle et où va-t-il aller? Vers le centre: ce serait suicidaire, vu l'électorat qui se déplace aux primaires; vers la gauche: c'est brouiller un peu plus son image et changer une nouvelle fois de ligne.


La stratégie du second tour est donc finalement assez simple pour Hollande. Sécuriser sa base et rassembler ses troupes du 9 octobre, puis trouver les quelques pourcentages qui lui manquent chez ses alliés.


Il peut tenter une alliance avec Arnaud Montebourg mais elle est à haut risque (surtout que 4 % de ses voix lui suffisent). Il y perdrait de la cohérence et, en chemin, risque de voir s'effriter son bloc électoral. Il ne devrait donc pas, ce soir durant le débat, ni après, faire trop de promesses à sa gauche, ni de clin d'œil à Arnaud Montebourg, sauf à perdre ce qu'il a, pour espérer gagner ce qu'il risque de ne pas avoir. S'il ne fait pas trop de fautes, il devrait donc l'emporter.


Face à l'impuissance du mouvement de Hollande, Martine Aubry adopte depuis dimanche soir la stratégie inverse: s'allier à Arnaud Montebourg d'une part (du moins parler à ses électeurs) et chercher des réserves de voix ailleurs, dans une participation accrue à la gauche du PS, d'autre part. Ce soir, et dans les jours à venir, si elle n'arrive pas à un accord politique avec Montebourg, elle s'adressera, sans lui, à ses électeurs. Elle connaît leur petite musique.  Elle pourrait aussi gagner le 16 Octobre, malgré  le soutien inattendu et étonnant de Ségolène Royal à François Hollande.


Enfin, lequel(le) des deux concurrents  fait peur à Nicolas Sarkozy ?

 

Tout semble indiquer qu’il a peur de la nature centriste, adaptable de Hollande, mais plus encore de son incapacité à décrypter Martine Aubry qui est pour lui un véritable mystère, un ovni politique.


Grosse modo, nos deux concurrents sont bons et aptes pour le job.

Qui peut encore douter de cette facile lecture de la compétition démocratique qu’offrent les primaires ?

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 13:38

C'est la force maîtresse de cette primaire socialiste. Celle qui peut encore tout chambouler et désavouer les sondages. Celle qui inquiète les favoris et rassure les outsiders. C'est la participation. Combien de personne se déplaceront-elles dimanche pour participer à ce scrutin inédit?


Il n'existe qu'une seule indication officielle sur le nombre de votants possible pour la primaire. Dans les pays européens qui en ont organisé, comme l'Italie, le processus a mobilisé 10% du corps électoral. En France, cela représenterait à peu près quatre millions de personnes. Les socialistes en rêvent et veulent y croire. Si les fortes audiences des débats télévisés les ont rassurés sur l'intérêt que les Français portaient à ce mécanisme original de désignation de leur candidat, ils n'en demeurent pas moins prudents.

 

Désormais, ils espèrent atteindre, voire dépasser, le million de votants. Mais au cas où le scrutin mobiliserait plus que prévu, les socialistes y sont prêts.


Dimanche prochain, près de 10.000 bureaux de vote seront ouverts aux sympathisants et à tous ceux qui adhèrent aux valeurs de la gauche. En cas de forte affluence, et si les bulletins de vote venaient à manquer, le comité national d'organisation des primaires a prévu que les électeurs puissent utiliser des feuilles blanches. Une mesure dont on assure qu'elle figure dans le Code électoral. Et si les files d'attente s'avéraient trop longues, les socialistes ont également prévu que les personnes arrivées jusqu'à 19 heures puissent voter. Comme si, malgré leurs doutes exprimés sur une très forte participation, tous y croyaient tout de même, à commencer par les challengers de François Hollande, à qui les sondages promettent la victoire.


Récemment, les équipes des candidats n'ont eu de cesse de rappeler l'inconnue que représentait le corps électoral de la primaire. Chez Martine Aubry, c'est Guillaume Bachelay qui s'est emporté contre les sondages qui «affichent une scientificité aussitôt contredite par l'aveu de leur complète ignorance du corps électoral». De son côté, Ségolène Royal a appelé ses partisans à se mobiliser. «Vous n'avez pas à accepter que l'on vous assigne un ordre de vote en fonction du matraquage et de cette espèce de lavage de cerveau qu'on vous a infligé dans un petit système qui veut décider à la place des gens», leur a-t-elle lancé lors d'un meeting à Nantes. Avec une primaire à un million de votants, et si elle ne rassemble que 3% des personnes ayant voté pour elle au second tour en 2007, Ségolène Royal rassemblerait 500.000 voix. La victoire au premier tour. Elle veut y croire en dépit de la persistance des mauvaises enquêtes d'opinion sur son compte.


Dans cette primaire inconnue, chacun a choisi une stratégie de campagne différente. Martine Aubry a mobilisé les réseaux, François Hollande a joué l'opinion, Ségolène Royal s'est appuyée sur ses partisans, Arnaud Montebourg a innové avec ses prises de parole sur les places publiques, Manuel Valls a martelé sa différence. Dimanche, le résultat du premier tour dira qui a eu raison. D’ici là, mobilisons-nous pour le vote et faisons voter autour de nous.

Par Hervé-Mélaine AGBESSI - Publié dans : Politique
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